Le Gouvernement veut s’appuyer sur des géologues congolais pour l’exploration minière

Depuis près de 100 ans d’exploitation minière en République Démocratique du Congo, seules les entreprises en tirent profit pendant que les Congolais nagent dans la misère. Ils n’ont jamais profité de leurs richesses. Ce constat amer est du ministre des Mines, Louis Watum Kabamba. Il l’a fait hier au cours du briefing presse coanimé avec son collègue de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe.

Cet exercice de redevabilité des gouvernants envers les gouvernés, placé sous le thème  » Restitution de la mission effectuée dans l’espace grand Katanga en rapport avec les incidents survenus à Lubumbashi et au Lualaba « , a permis aux orateurs du jour de rendre compte aux Congolais de la situation t-elle qu’elle s’est déroulée sur le terrain dans cette partie de la République.

Dans son Introduction, le ministre des Mines a décliné quelques priorités qu’il s’est fixées en vue de changer les choses dans le sens de permettre aux Congolais de jouir, bénéficier de leurs richesses. Parmi ces priorités, on retient le renforcement de la bonne gouvernance, la traçabilité des minerais exploités, la lutte contre la fraude minière, encadrement de l’artisanat minier, etc.

Pour matérialiser cette politique de changement, Louis Watum Kabamba est conscient que cela exige des réformes courageuses. Celles-ci devraient s’étendre jusqu’à l’exploration minière qu’il faudrait désormais confiée aux ingénieurs géologues congolais, parce qu’ils en ont la capacité au même titre que les expatriés à qui on a toujours confié cette tâche. Il suffit de leur donner des moyens appropriés, et sans doute qu’ils apporteront des résultats attendus.

Parlant des incidents environnementaux à Lubumbashi où il y a débordement d’un bassin de rétention d’eau issue de traitement minier ayant causé des conséquences néfastes sur la santé humaine, et de la tragédie des creuseurs au Lualaba, le ministre a promis que des sanctions sévères seront infligées aux coupables et autres fautifs qui seront reconnus à l’issue des enquêtes en cours. Le dossier est géré en collaboration avec son collègue de la Justice pour cette fin.

A propos de ces accidents, il a noté que les responsabilités sont partagées. Du côté, il y a les responsables des sociétés à la base du débordement, et de l’autre, des faiblesses dans le chef de certains responsables de l’administration et de l’armée affectés à la sécurisation des sites.

« Aucun officier des forces armées, tout comme aucun cadre de l’administration impliqué dans ce qui est arrivé ne sera épargné. L’Etat est dessus de tous. Ils subiront la rigueur de la loi », a-t-il promis.

Pour Louis Watum, le Congo doit rompre avec le cliché selon lequel « les sites miniers sont des îlots de prospérité entourés de misère ». Il défend un modèle où les richesses profitent réellement aux populations locales et génèrent un développement durable.

En rapport avec l’incident de Lubumbashi, il a déploré une défaillance totale des normes de construction et d’exploitation du bassin : digues mal conçues, absence de suivi technique, absence d’alertes préalables et le non-respect des standards internationaux.

Face à la situation, le ministre a suspendu les activités de l’entreprise pour trois mois, mis en place une commission d’enquête, exigé la réparation complète des dégâts environnementaux, demandé le dédommagement des populations affectées et rappelé la nécessité de renforcer l’administration minière pour éviter de nouvelles catastrophes.

Il a salué le soutien du président de la République qui a instruit le Gouvernement de renforcer la surveillance et sanctionner les défaillances administratives.

Quant à l’incident de Lualaba : une tragédie humaine au cœur de l’exploitation artisanale. « Ce sont nos enfants qui meurent, nos propres fils », a déclaré le ministre très ému, évoquant des victimes âgées entre 15 et 35 ans. Il a également visité plusieurs blessés, dont certains dans un état critique. Il a conclu après cette ronde, en attendant les résultats de l’enquête, que les responsabilités sont multiples : encadrement insuffisant, laisser-faire administratif, réseaux opaques d’acheteurs, pratiques dangereuses, aucune instance impliquée ne sera épargnée par l’enquête, des poursuites judiciaires seront engagées avec l’appui du ministère de la Justice. Car, a-t-il poursuivi, « On ne peut pas continuer à pleurer nos enfants à cause de la corruption et de l’indifférence ».

Pour mettre fin à cette situation et éviter de tels incidents dans l’avenir, Louis Watum propose l’organisation et, la formalisation des coopératives, la formation professionnelle pour offrir des alternatives à ceux qui souhaitent sortir de l’exploitation artisanale, le soutien technique via le ministère de la Formation professionnelle, l’extension des zones d’exploitation artisanale légales. Il a dénoncé les intermédiaires étrangers, notamment Libanais, Chinois, Indiens qui corrompent et exploitent les creuseurs.

« Chaque fois que vous vous laissez corrompre, vous vendez vos enfants à l’esclavage, comme au temps de la traite négrière. », a-t-il conclu en guise d’interpellation.

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