La ville de Kisantu est étroitement liée à la Route nationale numéro 1, Kinshasa – Matadi. Cependant, la voie qui la lie au siège de diocèse de Kisantu se trouve dans un état de délabrement très avancé. Voilà la raison de la présence de l’évêque, Mgr Crispin Kimbeni chez la Première ministre, Judith Suminwa qui lui a accordé l’audience hier jeudi dans son cabinet de travail.
Au centre de l’entretien : l’évêque était venu transmettre les cris d’alarme des habitants de ce coin à la cheffe du gouvernement en vue d’obtenir la prise en charge de leur situation, à savoir la réhabilitation de la route n°16 qui mène au diocèse de Kisantu.
À l’issue de l’audience, le prélat s’est confié à la presse en indiquant que la rencontre avec la Cheffe du Gouvernement a tourné autour de la réhabilitation de la route qui mène au diocèse, actuellement dans un état de délabrement très avancé.
« Comme évêque de Kisantu, je pensais qu’il fallait référer la situation de la population et de la contrée où est situé le diocèse de Kisantu. Les discussions ont porté sur la situation sociale de l’ancien district de la Lukaya ainsi que sur les difficultés auxquelles l’Église est confrontée dans l’accomplissement de sa mission pastorale et sociale ».
Au cœur des préoccupations soulevées, figure également la dégradation alarmante de la Route nationale n°16.
Selon Mgr Kimbeni, cette voie est pratiquement impraticable, avec des conséquences directes sur la vie économique locale ; notamment l’impossibilité d’évacuer les produits agricoles vers les grands centres de consommation. Ce qui impacte négativement le travail des champs.
« Au fil des années, la population ne s’évertue plus à travailler les champs », a-t-il regretté, soulignant que la braise demeure aujourd’hui le principal produit exporté de la zone, en raison de sa résistance à la détérioration. Une situation qui, selon lui, encourage la déforestation et compromet les perspectives de développement durable.
En effet, l’état de délabrement de cette route fait que l’économie locale soit actuellement fragilisée.
L’évêque de Kisantu a également attiré l’attention de la Première Ministre sur l’état des routes de desserte agricole dans l’ensemble dans la contrée, qui sont aussi en mauvais état. L’absence d’infrastructures routières fonctionnelles freine la relance des cultures vivrières et accentue la précarité des ménages dans l’ancien district de la Lukaya.
« On ne peut pas promouvoir le développement d’un peuple en déboisant d’abord pour faire de la braise », a-t-il martelé. Avant d’appeler à des solutions structurelles pour redynamiser l’agriculture et préserver l’environnement.
Face aux doléances présentées par le clergé, la Première Ministre a manifesté une réelle volonté politique d’apporter des réponses concrètes aux problèmes de cette circonscription. Cette rencontre pourrait ainsi ouvrir la voie à une prise en charge plus soutenue des infrastructures routières et à un accompagnement accru des communautés locales.
On rappelle que le 3e pilier du Programme d’Actions du Gouvernement relie la modernisation des infrastructures routières à la stimulation de la croissance économique. Parmi les projets en cours, il y a la réhabilitation et l’entretien de 10.000 Km de routes de desserte agricole par an à travers les 145 territoires.
Pour les habitants de Kisantu et de l’ancien district de la Lukaya, l’espoir repose désormais sur la traduction rapide de ces échanges en actions visibles sur le terrain.
D.N.M