La Vice-Ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Eugénie Tshiela Kamba a procédé, hier jeudi 19 février à l’hôtel Sultani, au lancement officiel du Plan quinquennal de lutte contre les violences sexuelles de la Police Nationale Congolaise (2025‑2029). Cette cérémonie solennelle était organisée avec l’appui du Bureau Conjoint des Nations – Unies pour les Droits de l’Homme ( BCNUDH).
Ce plan d’action quinquennal de lutte contre les violences sexuelles (2025‑2029) est un instrument stratégique visant à renforcer la prévention, la répression et la protection des victimes de violences sexuelles au sein de la PNC.
L’objectif principal de la présentation et vulgarisation de ce plan quinquennal est de dresser une voie visant la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits, afin de favoriser son appropriation par les parties prenantes et d’en faciliter la mise en œuvre.
Les objectifs spécifiques sont essentiellement consacrés à l’information des parties prenantes sur les axes stratégiques et les priorités du nouveau plan d’action ; à promouvoir l’appropriation institutionnelle du plan par les acteurs de la PNC et les partenaires gouvernementaux ; encourager la coordination interinstitutionnelle pour la mise en œuvre des actions prévues ; sensibiliser les participants sur les engagements nationaux et internationaux en matière de lutte contre les violences sexuelles ; identifier les opportunités de collaboration et de soutien technique pour la mise en œuvre du plan ; vulgariser le plan d’action par le biais des médias nationaux ; sensibiliser les officiers et commandants de la PNC des différents commissariats et sous-commissariats des 24 communes de la ville de Kinshasa ; vulgariser et sensibiliser différents acteurs participants aux villages des droits de l’homme.
La Vice-ministre satisfaite du plan
Prenant la parole, la vice-ministre de l’intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières a salué la tenue de cette rencontre qui ouvre de nouveaux horizons à ce combat de lutte contre les violences sexuelles au sein de cette institution.
Pour Eugénie Tshiela Kamba, le plan quinquennal constitue un acte politique fort, une déclaration d’engagement, et un signal clair adressé à la Nation congolaise, à nos partenaires et à l’ensemble des forces de sécurité.
Elle a, en outre, présenté les principes clés dudit plan résumés dans une approche claire et structurée : prévenir, réprimer et protéger. « Ce Plan repose sur une approche claire, structurée et sans ambiguïté : prévenir en transformant la culture institutionnelle de la PNC ; réprimer en appliquant strictement la loi sans complaisance ni impunité ; protéger, en plaçant la victime au centre de l’action policière en garantissant sa sécurité, sa dignité et son accès à la justice », a-t-elle souligné.
La vice-ministre a, par ailleurs, insisté sur la responsabilité des commandants et agents de ce corps. Car, la lutte contre les violences sexuelles est désormais un critère d’évaluation du commandement, un indicateur de professionnalisme et un test de loyauté envers la République. Chaque commandant est responsable de ce qui se passe dans son unité ; chaque manquement entraînera des conséquences et chaque acte criminel sera sanctionné.
Le BCNUDH et la Police, main dans la main pour gagner le pari
Prenant la parole à son tour, Souleymane Coulibaly, coordonnateur de l’ Unité justice transitionnelle a réaffirmé son soutien à la mise en œuvre de ce plan. Car, la police congolaise s’est engagée depuis un temps à travailler d’arrache pied pour
renforcement de ses capacités institutionnelles en matière de prévention, de réponse et de lutte contre les violences sexuelles, un processus qui nécessite la mise en œuvre des actions concrètes telles que la formation, la sensibilisation, le renforcement des unités spécialisées et la vulgarisation des textes législatifs pertinents, dans le cadre de son plan d’action quinquennal 2025‑2029.
Ainsi le BCNUDH encourage les initiatives prises par les autorités congolaises dans les différents aspects des réformes.
« Nous encourageons le Gouvernement congolais à intensifier ses efforts pour lutter contre l’impunité, y compris celle des violences sexuelles commises par certains membres de la Police nationale congolaise, et à fournir aux victimes et témoins tous les services nécessaires, tout en assurant leur protection. Mon Bureau et toutes les entités des Nations Unies en RDC restent disponibles pour soutenir la mise en œuvre de ce plan d’action et étendre un environnement protecteur. », a-t-il déclaré.
Très heureux de cette réalisation, Jean Swedi, Commissaire supérieur principal au sein de la Police Nationale Congolaise et responsable du comité de mise en œuvre du plan, a salué l’instrument stratégique mis à disposition de la police.
« Aujourd’hui, la Police possède un instrument de qualité pour juger de son action de lutte contre les violences sexuelles. », a-t-il dit.
Il a également appelé à la mobilisation de toutes les institutions, avant de remercier toute la hiérarchie, tant au niveau des ministères du Gouvernement qu’à la présidence de la République en vue de l’implication de tous dans la matérialisation de cette volonté du commandant suprême pour éradiquer le phénomène des violences sexuelles. Je remercie également mon équipe ».
Ce plan quinquennal s’inscrit dans le cadre des engagements internationaux de la RDC, notamment le Communiqué conjoint RDC‑Nations Unies du 30 mars 2013 et son Addendum de 2019, et vise à instaurer la tolérance zéro face aux violences sexuelles, tout en plaçant les victimes au centre de l’action policière.
La Rédaction