La Banque Centrale du Congo (BCC) et la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) ont signé, le samedi 28 février 2026 à Kinshasa, un Protocole d’accord de coopération. Cet accord intervenu en marge des travaux du Comité sous-régional Afrique centrale de l’Association des banques centrales africaines (ABCA), tenues à Kinshasa du 25 au 27 février 2026, s’assigne comme objectif de renforcer la coopération en matière de régulation bancaire, systèmes de paiement, lutte contre le blanchiment des capitaux et financement du terrorisme, cybersécurité, inclusion financière et stabilité monétaire. Il s’agit là d’une étape majeure vers une intégration financière plus solde en Afrique centrale.
Par ailleurs, cet accord stratégique couvre notamment :
– l’échange d’informations et d’expertises ;
– les systèmes et moyens de paiement ;
– la recherche, les études et les statistiques ;
– la lutte contre le blanchiment des capitaux, financement du terrorisme et financement de la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT/FP) ainsi que la cybersécurité ;
– la régulation bancaire ;
– le financement du développement et l’inclusion financière ;
– la formation et le développement des compétences.
À travers cet engagement, les deux institutions réaffirment leur volonté commune de renforcer la stabilité monétaire et financière, la résilience économique et le développement durable en Afrique centrale. Le Protocole marque une étape supplémentaire vers une intégration monétaire et financière plus approfondie au sein de la sous-région.

Les Gouverneurs des Banques Centrales d’Afrique centrale déterminés à renforcer la coopération monétaire de la sous-région
Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, a accueilli, le 27 février 2026, la réunion des Gouverneurs des Banques Centrales d’Afrique centrale. Placée sous l’égide de la Banque Centrale du Congo, cette rencontre s’inscrit dans le cadre de l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA). Elle a été précédée par deux jours de travaux des experts qui se sont appesantis sur : l’évaluation de la mise en œuvre des décisions de la 47ème réunion ordinaire du Conseil des Gouverneurs au niveau de la sous-région Afrique Centrale; l’examen de la mise en œuvre du Programme de Coopération Monétaire en Afrique Centrale et sur l’état des lieux du programme d’harmonisation du cadre de la politique monétaire au sein de la sous-région.
Les délégations de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), de la Banque Centrale de Sao Tomé-et-Principe ainsi que de la Banque Centrale du Congo ont ainsi procédé à une appréciation rigoureuse des avancées réalisées dans le cadre du Programme de coopération monétaire en Afrique centrale.
Au centre des échanges : le niveau de convergence des indicateurs macroéconomiques, la coordination des politiques monétaires et le renforcement des mécanismes de surveillance financière régionale.
Convergence et discipline collective
La rencontre de Kinshasa a permis de valider le rapport sur la mise en œuvre des critères de convergence macroéconomique, un exercice jugé essentiel pour garantir la discipline collective et consolider la crédibilité du processus d’intégration monétaire.
Les discussions ont porté notamment sur : la maîtrise de l’inflation ; la soutenabilité des finances publiques ; la stabilité du secteur bancaire ; l’harmonisation des cadres prudentiels.
Il est à noter que les Gouverneurs ont, à l’issue de cette réunion, réaffirmé leur engagement à poursuivre l’alignement progressif des instruments de politique monétaire et des dispositifs de supervision financière.
Intégration : un levier stratégique de transformation
Dans son allocution de clôture, le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, André Wameso qui est Président en exercice du Comité Sous-Régional Afrique Centrale de l’ABCA, a souligné que l’intégration économique et monétaire constitue un levier déterminant pour la transformation structurelle des économies d’Afrique centrale.
Selon lui, une coopération monétaire renforcée permet d’améliorer l’allocation des ressources; de stimuler l’investissement régional ; de réduire les coûts de transaction et d’atténuer la vulnérabilité face aux chocs extérieurs.
Cette vision s’inscrit dans une dynamique plus large de consolidation de la souveraineté financière africaine.
Des défis structurels persistants
Les travaux de Kinshasa ont également mis en évidence les fragilités communes à la sous-région, notamment une forte dépendance aux exportations de matières premières, une faible diversification productive et un déficit important en matière d’infrastructures.
S’appuyant sur les données récentes de la Banque mondiale, les participants ont insisté sur la nécessité d’accélérer les réformes structurelles afin de promouvoir une croissance durable, inclusive et résiliente.
Perspectives 2026 : digitalisation et inclusion financière
Les Gouverneurs des Banques Centrales d’Afrique Centrale ont, par ailleurs, arrêté les thématiques prioritaires du Séminaire continental et du Symposium des Gouverneurs prévus en 2026. Les débats porteront, entre autres, sur : la stabilité financière à l’ère de la digitalisation; l’inclusion financière et l’innovation technologique; l’intégration monétaire africaine; la consolidation de la souveraineté financière du continent.
Une étape importante franchie pour la région
La clôture des travaux à Kinshasa marque une étape significative dans le renforcement de la coopération entre les banques centrales d’Afrique centrale. Elle traduit la volonté partagée de construire une architecture monétaire régionale plus stable, coordonnée et orientée vers le développement.
Pour sa part, en accueillant cette réunion stratégique, la Banque Centrale du Congo, confirme son rôle actif dans la dynamique d’intégration financière et monétaire de la sous-région.

Infodernieres / BCC