Des communiqués intempestifs dans lesquels l’on pouvait effleurer à peine, dans un paragraphe, le caractère spirituel car l’essentiel étant basé sur la politique, loin de répondre aux règles qui régissent l’Organisation connues de tout le monde, et particulièrement les chrétiens catholiques. Telle est l’image qui a marqué depuis quelques années le fonctionnement de Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO). Ce qui a fini par pousser l’opinion publique à se demander si tous ces communiqués portant le label de la CENCO qui pleuvaient dans les réseaux sociaux et médias classiques à un rythme inhabituel par rapport aux statuts de l’Organisation, avec un contenu qui n’a rien à voir avec la vie de l’église et celle des fidèles, avaient réellement l’approbation de tous les évêques membres de la CENCO. Ou encore, ils ont été élaborés à l’issue d’une réunion réglementaire suivant les règles qui régissent cette organisation confessionnelle.
L’inquiétude des Congolais vient de trouver la réponse. Ce, à l’occasion de la tenue de l’Assemblée générale de la CENCO en fin février dernier. Des rencontres pourtant statutaires qui, malheureusement n’étaient plus convoquées ! À la place, la CENCO se manifestait seulement par la publication des communiqués intempestifs dont l’essentiel du contenu était à caractère politique.
C’est à la faveur de l’intervention, en marge des travaux de ladite Assemblée, de l’un des membres en la personne de Mgr Emmanuel Bernard Kasanda, évêque du diocèse de Mbuji-Mayi que l’opinion peut se faire l’idée de la nature des communiqués qui pleuvaient dans les médias et réseaux sociaux.
Son intervention était basée sur les réalités sociales et écclésiales de l’heure, c’est-à-dire sur la pertinence et la régularité des prises de parole par les responsables de la CENCO, le tribalisme et les fraudes électorales.
Prises de parole
L’évêque de Mbuji-Mayi fustige ici des prises de parole sélectives, intempestives et tendancieuses par les responsables de la CENCO. Une manière qui fragilise la mission prophétique et décrédibilise l’église vis-à-vis de l’opinion.
Cette façon d’agir trop a fait que certains fidèles catholiques non encore totalement raffermis ont de fréquenter l’église ; tandis que les inconditionnels de la foi catholique éprouvent de la honte de faire la publicité de leur église.
Ce comportement ne s’observe pas seulement à travers la prise de parole non réglementée engageant l’église, mais également sur le forum d’échange WhatsApp de la CENCO. Celui-ci, renseigne-t-il, est envahi par des critiques-fleuves politiciennes reflétant le caractère ségrégationniste que par des informations touchant à la vie de l’église. L’attitude qu’il condamne parce qu’il faut éviter que l’église soit confondue à un groupe de lobbying ou un parti politique ayant un camp.
Tribalisme
L’orateur fait s’étonne du fait que le tribalisme que l’église dénonce dans les milieux socioprofessionnels, puisse curieusement s’observer dans ses propres structures ! C’est le cas notamment de l’UCC (Université catholique du Congo), Caritas, IFOD, Centre interdiocésain, etc. Ces structures, soutient-il, n’échappent pas à cette antivaleur tant et si décriée dans la société. La preuve en est que le rapport du travail d’identification des employés de toutes les structures nationales de l’église ci-haut énumérées, commandé par l’assemblée plénière des évêques, se trouve bloqué jusqu’à ce jour !
C’est ici qu’il a condamné, sans porter des gants, les messages (communiqués) de la CENCO susceptibles d’inciter à la divsion, à la haine tribale ou encore à un soulèvement populaire, dans lequel on fustigeait le mauvais traitement que les Congolais swahiliphones subiraient à travers le pays.
Fraudes électorales
Dans ce dernier point de son intervention, l’évêque de Mbuji-Mayi fait savoir que la fraude électorale que l’église dénonce et ne cesse de marteler en guise de combat contre cette antivaleur, malheureusement elle se trouve prise dans son propre piège ! Tenez, l’élection de l’actuel président de la CENCO donne à penser. Elle n’a pas respecté les règles du jeu ou la procédure habituelle prévue en la matière. Il en est de même de celle du vice-président de l’Organisation. Il y a eu bourrage des urnes qu’on a toujours reproché aux politiciens.
Toujours à propos de l’élection de l’actuel président de la CENCO, certaines indiscrétions dans les milieux de l’Organisation laissent entendre celui qui tient les rênes n’aurait pas rempli les critères. Comment alors sa candidature avait-elle été validée, puis être élu ? Seul le corps électoral de la CENCO en détient le secret.
Dans sa conclusion, l’intervenant formule un certain nombre d’orientations pour la crédibilité de l’église, il s’agit notamment de :
– renforcer la concertation et la collégialité avant toute prise de position majeure ;
– clarifier le cadre et les critères des interventions publiques ;
– assurer une communication unifiée, prudente et pastorale ;
– investir dans la professionnalisation de la communication ecclésiale adaptée aux enjeux contemporains ;
– promouvoir la transparence dans la gestion des structures de l’église et des initiatives des membres au niveau national.
Conscient que certains, par manque d’arguments ou courage de s’incliner face à la vérité, pourraient verser dans des considérations partisanes mettant en exergue les origines au lieu de réagir aux idées, Mgr Emmanuel Bernard Kasanda lâche : « Je ne pouvais pas me taire par peur d’être étiqueté par certains ».
Ci-dessous l’intégralité de l’intervention de l’évêque du diocèse de Mbuji-Mayi :
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