RDC : en vue de mettre un terme à deux décennies de conflits : l’ACDIP plaide pour une délimitation «consensuelle » du Parc National des Virunga

Le parti politique Alliance des Congolais pour la Défense des Intérêts du Peuple (ACDIP), a formellement soumis une note de plaidoyer au Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Economie du Climat le 31 mars 2026. Signé par son président national, Mumbere Kisalu Wa Kasimba Jonas, le document plaide pour une action immédiate du Gouvernement afin de réétablir les frontières du Parc National des Virunga (PNVi), en raison des conflits durables entre l’ICCN et les communautés locales.

Dans son document, l’ACDIP indique que les origines du conflit peuvent être retracées jusqu’à la fondation du parc en 1925 par le Roi Albert Ier. Selon le parti, cette définition initiale, intensifiée en 1929 et 1950, a été réalisée dans un cadre colonial sans tenir compte des droits des habitants locaux. « C’est dans ce contexte que les populations qui habitaient cette zone furent contraintes de se déplacer, voire perdre les droits traditionnels sans aucune forme de procès et des terres ancestrales qui les nourrissaient », souligne le document.

À l’heure actuelle, la croissance démographique et l’impérieux besoin de terres cultivables incitent les communautés riveraines à franchir les restrictions en vigueur, ce qui entraîne des affrontements violents avec les éco-gardes de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN).

L’ACDIP souligne des incidents récents qui mettent en évidence l’urgence de la situation :

À Mayangose (Beni) : En septembre 2025, la population a assisté dans un désarroi total à la destruction de plus de 20 hectares des cultures par les éco-gardes; destruction qui a provoqué une révolte paysanne alimentant ainsi le conflit qui dure depuis près de 20 ans.

À Kasindi : la population vit sur des terres supposées appartenir au Parc des Virunga, celle-ci se voit priver des services de raccordement d’eau et d’électricité, un des droit fondamentaux que doit garantir l’État et cette situation rend la vie plus difficile et lui contraint à la recherche des bois de chauffages dans les limites actuelles du Parc sous le risque d’altercation avec les éco-gardes.

À Kididiwe : Ont fait des blessés par balles parmi les agriculteurs alimentant ainsi la méfiance envers l’ICCN.

Le parti souligne également que cette situation favorise l’exploitation illicite par des groupes armés qui se ressourcent au sein du parc pérennisant ainsi l’insécurité dans la région.

Afin de mettre un terme à ce chapitre de plus de deux décennies de conflits, le président national de l’ACDIP suggère six orientations principales :

la désaffection d’une partie des terres du Parc en redéfinissant les limites de celui-ci dans un cadre consensuel, tenant compte des avis des uns et des autres mais aussi de la démographie qui s’accroît ;

Des moyens de subsistance alternatifs en lui offrant des solutions concrètes d’amélioration de l’agriculture hors du Parc et en initiant des projets d’accès à l’énergie à moindre coût, des projets de pêches et élevages encadrés et financés ;

Le partage équitable des revenus : Réinvestir les bénéfices du tourisme et de l’énergie dans des infrastructures sociales (écoles, hôpitaux, routes) pour que le parc soit perçu comme un bien commun ;

La gestion inclusive : Impliquer les chefs coutumiers et les leaders locaux dans la prise de décision ;

La protection des droits humains : Former les éco-gardes au respect des droits de la population pour qu’ils soient vus comme des partenaires de sécurité et non des ennemis ;

La sécurisation des zones périphériques : Lutter contre les groupes armés pour libérer des terres arables hors du périmètre protégé.

Pour conclure, l’ACDIP plaide pour que les prochaines délimitations soient validées par le Parlement et ratifiées par une ordonnance présidentielle. «La délimitation ne sera pas seulement un exercice cartographique, mais un impératif pour la fin d’un conflit vieux de plus de 20 ans », martèle Mumbere Kisalu Wa Kasimba Jonas.

La note a aussi été envoyée pour information au Président de la République, à la Première Ministre et au Gouverneur Militaire du Nord-Kivu, démontrant ainsi une intention de porter cette discussion au plus haut sommet de l’autorité étatique.

INFOD

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