Dialogue – Dr Denis Mukwege : « la priorité c’est d’abord la fin de l’agression et le retour de la paix »

Plus on avance, les masques tombent. Des Congolais qui se laissaient encore endormir par des discours manipulateurs de l’ennemi

à travers leurs propres compatriotes, parce-que se fiant à l’apparence, alors que l’agresseur a réussi à prendre plusieurs formes pour accomplir son plan machiavélique, commencent à comprendre les dessous des cartes. Et par-là, comprendre qui milite pour le pays et son peuple.

Alors que partout à travers le monde lorsqu’un pays est attaqué de l’extérieur, il n’y a pas de voie discordante parmi le peuple parce qu’il faut lutter contre l’ennemi, curieusement en République Démocratique du Congo, ce n’est pas le cas ! On trouve des filles et fils du pays qui s’arrangent derrière l’ennemi pour comploter contre leur mère patrie !

Pendant que le monde entier dénonce l’agression dont la RDC est victime de la part du Rwanda – verité aujourd’hui unanimement reconnue et attestée par tous les rapports d’enquêtes internationales menées, y compris ceux d’experts des Nations-Unies – on trouve paradoxalement des Congolais qui se battent pour dédouaner l’agresseur, le Rwanda des crimes commis sur le sol congolais, afin de congoliser la crise. Pour cela, ils mènent une campagne tambours battants pour le dialogue, dont l’impact sur l’agression n’est jamais expliqué jusqu’ici aux Congolais à qui on demande seulement d’adhérer à la démarche.

Contrairement à ceux qui se réclament opposants, alors que leurs faits et gestes donnent à conclure qu’ils sont au service de l’agresseur rwandais, Dr Denis Mukwege choisit le côté du peuple congolais. Il refuse de souscrire à cette campagne battante qui appelle à la convocation d’un dialogue national dans la configuration actuelle du pays, où des villes et villages sont occupés par l’armée rwandaise.

Dans un entretien accordé à une chaîne YouTube, Denis Mukwege pense à haute voix : la fin de l’agression et le retour de la paix sur l’ensemble du territoire national doivent constituer des préalables à la tenue de tout dialogue entre Congolais.

« Nous sommes en train de perdre notre pays. Aujourd’hui, la priorité pour moi, c’est la souveraineté, l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo, et la paix en République Démocratique du Congo. Le Congo a été agressé. Et cette agression doit cesser », soutient fermement Dr Denis Mukwege, avant d’enchaîner en indiquant que c’est seulement lorsque l’agression aura pris fin qu’on devrait songer à se mettre ensemble pour parler entre Congolais.

« Parce que ce qu’on connaît avec certitude : on ne construit pas la paix sans justice ; on ne construit pas la paix sur des fosses communes ; on ne construit pas la paix quand les autres n’ont pas fait leur deuil ; on ne construit pas la paix quand des gens ne se sentent pas qu’ils sont prêts à vivre avec les autres en paix « , a-t-il poursuivi.

Cette position du Prix Nobel, qui semble bénéficier du soutien de la majorité des Congolais, est aussi partagée par d’autres acteurs nationaux. C’est le cas du sénateur Léonard She Okitundu qui ne cesse de marteler, à travers les conférences débat, sur la nécessité pour les Congolais de se focaliser pour le moment sur l’agression, et rester unis autour de la cause afin de vaincre l’ennemi. C’est également la position du « Front anti dialogue » qui estime que celui-ci n’aura aucun impact sur l’agression. Au contraire, on aura fait le lit de l’agresseur avec l’entrée de émissaires dans les institutions avec mission de bloquer tous les projets de développement initiés.

Pour cela, il faut soutenir les efforts du Président de la République qui portent déjà des fruits, en vue de bouger l’ennemi hors des frontières nationales. Car il serait inadmissible et irresponsable d’organiser un dialogue dit national avec une partie du pays occupée !

La CENCO et l’ECC devraient se gêner et arrêter leur campagne

Au regard de l’évolution de la situation, les bonnes consciences pensent que ceux des compatriotes qui mènent la campagne pour le dialogue national voulu inclusif, sans toutefois expliquer l’impact que celui-ci aura sur l’occupation du territoire national sur des troupes étrangères, devraient tout simplement revoir leur copie, sinon renoncer à cette démarche de nature à servir l’ennemi.

En première ligne des meneurs de cette campagne, on trouve les deux organisations religieuses congolaises, en l’occurrence la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Eglise du Christ au Congo (ECC).

Pendant que toute la communauté internationale, en commençant par l’ONU, a fini par reconnaître ce que le peuple congolais et ses dirigeants dénonçaient depuis longtemps, à savoir : c’est le Rwanda qui est derrière toutes les violences qui sévissent dans l’Est du pays avec un bilan macabre des dizaines de millions de morts, la hiérarchie de ces deux confessions religieuses en RDC se lancent dans une démarche contraire. Celle consistant à faire admettre dans l’opinion que la crise sécuritaire que connaît la RDC est un problème interne. Et pour le résoudre, il faut dialoguer. Une longue feuille de route a été élaborée par les deux confessions pour cette fin, dans laquelle elles s’arrogent des pouvoirs indus qu’elles n’ont pas en tant qu’organisations de la société civile, puis prétendent détenir le bâton de solution magique à la crise sécuritaire que connaît la RDC susceptible de mettre fin à la guerre d’agression.

Curieusement, la CENCO et l’ECC se refusent jusqu’ici de nommer l’auteur de cette violence ou l’origine de la crise sécuritaire qui secoue la RDC, se contentant seulement d’élaborer les étapes que le fameux « dialogue solution magique » devrait suivre.

Pire encore, les hommes d’églises qui jouissaient hier de la qualité de champion d’intégrité morale se taisent aujourd’hui face aux pires exactions, mieux les massacres que commettent au quotidien l’armée rwandaise avec ses supplétifs de l’AFC/M23 sur le sol congolais. Au contraire, on les a vus aux lendemains de l’occupation de la ville de Goma, avec toutes les violences et massacres occasionnés, bénir avec des sourires qu’on ne sait décrire les auteurs en guise d’encouragement pour la bravoure réalisée ! Et entretemps, sans la moindre prière ni une quelconque pensée pieuse à l’endroit des victimes innocentes de la barbarie de l’armée rwandaise, parmi lesquelles se trouvaient des nombreux fidèles de leurs églises!

L’agenda est connu

Ce que les responsables de la CENCO et de l’ECC semblent ignorer est que les dessous de leur démarche n’échappent plus à personne. Même ceux et celles qui les soutiennent pour des raisons purement subjectives le savent. Ils ne jouent pas pour l’intérêt du peuple congolais ou celui de la patrie. Ils répondent plutôt à un agenda qui malheureusement n’est plus dans les secrets des anges. L’opinion a fini par le comprendre. Leur acharnement et leur obstination à ne pas lâcher ni reculer, en dépit des signes négatifs dégagés, au regard de l’évolution de la situation sur le plan international, ont fini par aider les plus sceptiques à changer de position pour comprendre le pourquoi de cette attitude.

Des communiqués à caractère essentiellement politique se sont multipliés en violation des règles qui régissent la CENCO et l’ECC, des sorties médiatiques intempestives où ceux qui parlent au nom de ces églises affichent, à visage à peine violé, leur position, ont permis aux Congolais de les identifier et comprendre par qui roulent les dirigeants de la CENCO et de l’ECC. Malgré tout cela, ils persistent en bouchant des oreilles à toutes les critiques émises à leur endroit. La raison en est toute simple : ils sont déterminés à remplir la mission leur confiée. C’est pourquoi, les prélats qui tenaient hier jalousement à leur dignité et considération dans la société, donnent l’impression aujourd’hui d’avoir concédé ces valeurs morales pour des raisons politiques obscures.

En effet, leur démarche vise deux objectifs principaux.

Le premier : tout faire pour faire admettre que la crise sécuritaire que connaît la RDC est un problème congolo-congolais, et parvenir ainsi à dédouaner le Rwanda des nombreux crimes commis au Congo pendant trois décennies ;

Le deuxième objectif consiste à obtenir le blanchiment de tous les criminels congolais qui ont soutenu le Rwanda dans la commission des exactions en RDC. Ainsi, toutes les condamnations judiciaires prononcées à l’égard des leaders de l’AFC/M23 et leurs sponsors devraient être abandonnées au nom de la réconciliation nationale. Idem en ce qui concerne les poursuites judiciaires engagées également à l’endroit d’autres qui s’affichent également aux côtés du Rwanda pour déstabiliser la RDC.

A deux objectifs principaux, il y a un troisième qui se veut le corollaire du deuxième. Comme on le sait, c’est une pratique bien propre de chez-nous, tout dialogue national finit toujours par le partage des postes de gestion. Ainsi, tous les traîtres congolais ayant cautionné les massacres de leurs compatriotes et les pillages des ressources de leur pays se verront confier des postes de responsabilité.

Voilà qui fâche et révolte les bonnes consciences ! Il est donc temps de mettre définitivement un terme à ce cycle de violences qui crachent sur la mémoire des Congolais pour récompenser ceux qui prennent des armes pour tuer et piller les ressources naturelles du pays. Pour ce faire, les responsables de la CENCO et de l’ECC devraient comprendre qu’ils font fausse route et que les Congolais ne sont pas prêts à adhérer à leur schéma qui reste obscur.

Infodernières

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *