La RDC peut désormais compter sur le secteur des assurances pour accroître l’enveloppe budgétaire

Hier, l’accent était essentiellement mis sur les régies financières – la DGI, la DGFA et la DGRAD – pour la constitution du budget de l’Etat. Mais, la RDC est en train d’élargir les services d’assiette afin d’accroître davantage le budget national. Dans cette démarche, de nouveaux secteurs qui étaient hier presque dans l’oubli parce que leur apport au budget de l’Etat jugé insignifiant, émergent non seulement sans susciter l’étonnement et la curiosité. Parmi ceux-ci, figure le secteur des assurances. 

Depuis sa libéralisation, ce secteur prouve qu’il faut désormais compter avec, car son apport est d’un impact certain pour le Trésor public.

Cette réalité a été portée à la connaissance de l’opinion, le samedi 27 décembre dernier à Pullman hôtel Kinshasa, par l’Autorité de Régulation et de Contrôle des Assurances (ARCA), par la bouche de son Directeur Général Alain Kaninda Ngalula, au cours de la cérémonie de présentation des chiffres du marché des assurances en RDC, exercices 2023-2024.

Le secteur est en plein essor : +314 % de croissance depuis 2015

Au regard de l’évolution du marché des assurances en RDC, le DG Alain Kaninda projete entre 1 et 5 dollars que le secteur pourrait générer d’ici 2030. Donc, un marché bien prometteur pour appuyer l’accroissement du budget de l’Etat.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. le marché des assurances a enregistré une croissance cumulée de +314 % depuis 2015, avec des progressions annuelles à deux chiffres en 2023 (+10 %) et 2024 (+13 %) pour l’assurance non-vie, et des envolées spectaculaires pour l’assurance vie (+74 % en 2022, +67 % en 2023 et +67 % en 2024).

Pour le Directeur général de l’ARCA, ces résultats traduisent un changement d’échelle d’un secteur longtemps marginal. À la clé, une contribution fiscale multipliée par plus de 100 depuis 2018, une taille de marché estimée à près de 380 millions de dollars en 2024. On est passé de 66 millions de dollars en 2018 à 377 millions usd en 2024.

Cependant, un défi reste à relever : étendre cette croissance rapide sur l’ensemble des provinces du pays parce que le marché est à ce jour concentré sur la capitale, Kinshasa, avec quelque 90% des recettes y afférentes. Puis, viennent deux provinces avec un taux faible, en l’occurrence le Haut Katanga et le Lualaba. L’apport de reste des provinces est vraiment insignifiant.

Par ailleurs, les chiffres des exercices 2023 et 2024 témoignent d’une dynamique désormais installée, portée par l’augmentation des primes, l’élargissement progressif de la base assurée et un encadrement réglementaire plus structurant.

D’après les données présentées par le Directeur général de l’ARCA, le segment des assurances non-vie a progressé de 10 % en 2023, puis de 13 % en 2024, portant la hausse cumulée à +314 % depuis 2015. Une trajectoire qui indique bien «l’entrée du secteur dans une phase de maturité relative».

En termes de répartition par les différentes installées en RDC, RawSur capte 35 % des parts en non-vie, devant SFA (22 %) et Sonas (18 %) ; tandis qu’un quart du marché se partage entre les autres opérateurs.

Toutefois, c’est du côté de l’assurance vie que la transformation apparaît la plus spectaculaire.

Après une progression de 74 % en 2022, le segment a poursuivi sur sa lancée avec 67 % de croissance en 2023, même chiffre maintenu en 2024. Une envolée qui repositionne l’assurance vie comme un instrument financier de plus en plus central.

Ici encore, la société RawSur Life domine largement avec 62 % des parts de marché, devant Activa Vie (26 %) et Afrissur (12 %).

Autre signal fort : la géographie de la croissance, Kinshasa concentre à elle seule 90 % des primes vie, très loin devant le Nord-Kivu (3 %) et le Haut-Katanga (2 %). Cette polarisation territoriale, régulièrement soulignée par l’ARCA, pose la question de l’extension réelle de l’assurance au reste du pays.

Les sinistres en hausse

En outre, on note que la montée en puissance du secteur s’accompagne logiquement d’une augmentation des charges de sinistres. En non-vie, celles-ci ont progressé de 36 % en 2022, 23 % en 2023 et 11 % en 2024. En assurance vie, la hausse est encore plus marquée : +106 % en 2022, +111 % en 2023, +72 % en 2024, reflet d’un portefeuille en rapide expansion.

Face à la question, les assureurs congolais continuent d’adopter une stratégie de placements prudente. En 2024, les placements bancaires représentent 72 % des actifs en non-vie et 76 % en vie, contre seulement 3 % et 11 % investis en valeurs d’État. Les volumes de placements ont progressé de 23 % en non-vie et de 36 % en vie, confirmant l’augmentation de la capacité financière du secteur.

Comme on peut le constater, le secteur des assurances est en nette progression en République Démocratique du Congo. Sa contribution fiscale n’est plus à l’église. Car, les recettes fiscales issues du secteur s’élèvent à plus de 10 000 % depuis 2018. Un signal prometteur pour un secteur qui n’était pas pris en compte hier. Aujourd’hui, grâce au dynamisme impulsé par le Comité actuel de gestion, le secteur des assurances pourra bientôt parmi les grands services d’assiette de l’Etat Congolais.

Jusqu’ici, le secteur reste dominé au niveau africain la République sud-africaine et le Royaume du Maroc.

Dom

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