Le Maroc prépare la révision de son Code des investissements agricoles vieux de 56 ans

Au Maroc, le secteur agricole contribue à hauteur de 10 % au PIB. Alors que la sécheresse persistante affecte l’appareil productif, le gouvernement cherche à renforcer l’attractivité du secteur pour les investisseurs et à poursuivre la mise en œuvre des programmes de développement agricole.

Au Maroc, le ministère de l’Agriculture vient d’engager une étude visant la refonte du Code des investissements agricoles (CIA), un texte fondateur adopté en 1969. Selon les informations relayées par plusieurs médias locaux le 10 novembre dernier, l’objectif de cette démarche est de moderniser ce cadre juridique afin de mieux encadrer les nouveaux investissements ruraux et de l’adapter aux mutations économiques, sociales et environnementales qu’a connues le pays au cours des cinq dernières décennies.

Considéré pendant un demi-siècle comme la « charte du développement agricole », le CIA régit des domaines aussi essentiels que l’irrigation, l’aménagement foncier, les régimes de culture et les incitations à l’investissement privé.

D’après le ministère de l’Agriculture, l’étude annoncée s’étalera sur une période de neuf mois et se déroulera en trois phases. La première consistera à établir un état des lieux et un diagnostic complet du dispositif actuel afin d’en mesurer la pertinence face aux mutations économiques et institutionnelles du pays. La deuxième permettra d’identifier les besoins en nouveaux outils juridiques, en cohérence avec les politiques agricoles en cours et les orientations du nouveau modèle de développement. Enfin, la troisième proposera des scénarios de réforme et une feuille de route destinée à accompagner le ministère dans la révision du corpus législatif.

À travers cette initiative, les autorités ambitionnent de doter le secteur agricole d’un cadre d’investissement modernisé, cohérent et adapté aux défis actuels et futurs du Maroc. Cette démarche suggère en outre une volonté de renforcer l’attractivité du secteur agricole pour les investisseurs privés.

L’agriculture, parent pauvre des investissements

Dans une analyse de l’économie du Maroc publiée en 2024, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) soulignait notamment que plus de la moitié des flux d’investissement dans le pays est destinée à l’immobilier et aux infrastructures, un tiers à l’industrie, 10 % aux services hors infrastructures (comme les magasins de détail, les restaurants et les hôtels), et seulement 2 % à l’agriculture.

Les données compilées par l’Office marocain des changes montrent, par exemple, que le flux des IDE dans le secteur a globalement baissé de 50 % au cours des quatre dernières années, passant de 1,1 milliard de dirhams (118,8 millions $) enregistrés en 2021 à 549 millions de dirhams en 2024.

L’enjeu pour les autorités d’attirer plus d’investissements dans l’agriculture est d’autant plus stratégique que le gouvernement doit mobiliser des financements pour la poursuite de la mise en œuvre de Génération Green, son programme phare pour moderniser le secteur sur la période 2020-2030, et dont les avancées seraient compromises par la sécheresse persistante.

D’après le ministère de l’Agriculture, 83,3 milliards de dirhams d’investissements cumulés ont été engagés dans le cadre de ce programme entre 2021 et 2024, dont 63 % de fonds publics et 37% d’investissement privé. Malgré ces investissements, le Royaume chérifien déplore la perte de près d’un million de postes d’emploi dans son secteur agricole entre 2019 et 2024, principalement en raison de la sécheresse structurelle et d’une intensification du stress hydrique dans le pays, affectant la production agricole.

Face à ce constat, le ministère de l’Agriculture a annoncé en octobre dernier le lancement prochain d’un programme national de soutien à l’emploi en milieu rural, pour un coût total estimé à 1 milliard de dirhams.

Avec Agence Ecofin

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