Alors que l’Est de la République Démocratique du Congo demeure le théâtre de violences récurrentes malgré la multiplication des accords de paix régionaux et internationaux, les acteurs religieux congolais entendent jouer un rôle plus actif dans la recherche de solutions durables. Convaincus que la paix ne peut être uniquement le fruit d’initiatives politiques ou diplomatiques, les leaders religieux misent sur le dialogue inclusif, la réconciliation nationale et l’engagement communautaire.
C’est dans ce contexte que le Cadre interreligieux congolais (CIC) et la Communauté Unie du Réveil (CUR) réaffirment leur volonté de contribuer activement au processus de paix en RDC.
La République démocratique du Congo connaît des situations tragiques persistantes dans sa partie Est, en dépit de la signature de plusieurs accords avec les groupes agresseurs et leur parrain, le Rwanda. Face à cette réalité, les hommes de Dieu ont décidé d’apporter leur contribution au processus de paix à travers la Communauté Unie du Réveil (CUR), une confession religieuse regroupant plusieurs églises réparties sur l’ensemble du territoire national. La présidence de cette structure est assurée par le pasteur Israël Dodo Kamba Balanganay.
C’est au cours d’une soirée de gala organisée par le Cadre interreligieux congolais (CIC) que cette organisation a procédé à la présentation officielle de son président élu, déterminé à s’investir pleinement pour le rétablissement de la paix sur toute l’étendue du territoire national.
- Prenant la parole devant une assistance composée de responsables religieux et d’invités, le président du CIC a souligné que ce cadre interreligieux permanent réunit les confessions chrétiennes, islamiques ainsi que les religions traditionnelles de la RDC. Selon lui, le CIC se veut un outil de construction et de consolidation de la paix, mais aussi de promotion du développement durable.
Ses actions s’articulent autour de plusieurs domaines clés, notamment l’appui à la démocratie, la diplomatie religieuse en situation de crise et de précarité, l’éducation citoyenne, la santé, la protection et la conservation de l’environnement, l’entrepreneuriat, ainsi que le renforcement du pouvoir et de l’engagement des communautés locales dans la consolidation de la paix à travers les bonnes pratiques culturelles.
Par ailleurs, cette organisation des confessions religieuses dispose d’un secrétariat technique, chargé notamment d’approfondir les sujets abordés en plénière du CIC, de piloter les ateliers de formation et les travaux d’experts, d’assurer la logistique des plénières et d’exécuter les décisions prises par le cadre interreligieux.
Dodo Kamba lance un appel au dialogue, avec des préalables
Poursuivant son intervention, le président du CIC s’est réjoui des accords signés à Washington, à Doha et ailleurs dans le cadre des efforts de recherche de la paix. Toutefois, il a exprimé sa préoccupation face à la reprise des violences sur le terrain.
« Nous avons salué les accords signés entre la RDC et le Rwanda à Washington, dans l’espoir d’une paix durable. Malheureusement, nous constatons une reprise des violences, notamment à Uvira, où des tueries et des contrôles de territoires se poursuivent. Cela nous dérange énormément », a-t-il déclaré.
Il a ainsi appelé les différents acteurs et signataires à respecter leurs engagements, estimant que cela contribuerait à apaiser les tensions dans la sous-région et, en particulier, en RDC.
Abordant la question du dialogue interne en RDC, le pasteur Dodo Kamba a reconnu que le dialogue entre Congolais constitue une option pertinente, mais à condition que certains préalables soient respectés.
« Le dialogue entre Congolais est une bonne résolution, mais il doit être précédé de préalables », a-t-il insisté.
Parmi ces préalables figure, selon lui, la mise en place d’une Commission Vérité et Réconciliation, chargée de rapprocher les différents acteurs impliqués dans les conflits, de favoriser les actes de repentance et de réparation, de décrisper le climat politique et de soulager les familles éprouvées par des années de deuil.
« Avant de parler de nation et de reconstruction, il faudrait déjà résoudre une grande partie de ces problèmes », a-t-il estimé.
Interrogé sur la contribution concrète du Cadre interreligieux congolais à la vie des Congolais, l’homme de Dieu a assuré que cette structure apportera une nouvelle dynamique au bénéfice de la population.
« Le CIC dispose déjà de plusieurs projets internes, portés par les chefs religieux et notre structure technique. Nous travaillons pour le développement du pays et pour impacter positivement la vie de la population », a-t-il expliqué.
Il a également évoqué la mise en place de partenariats avec d’autres confessions religieuses, la société civile et des partenaires nationaux et internationaux, dans une démarche inclusive.
« Nous voulons travailler uniquement pour le peuple. La population peut s’attendre à un soulagement dans certains secteurs. Les actions à venir seront rendues publiques dans les prochains jours », a-t-il conclu.
Dorcas Nsomue