Le lundi 15 décembre dernier, tard dans la nuit, la toile congolaise a été abondamment sollicitée pour notamment relayer la déclaration de l’AFC/M23 annonçant le retrait unilatéral de ses hommes de la ville d’Uvira qu’ils ont occupé le mercredi passé, sans combat. Cependant, en passant l’analyse, on comprend bien que ce n’est pas l’AFC/M23, cette coalition qui ne joue que le rôle de figurant qui se retire, sachant que ces pantins recrutés dans le but de congoliser la crise sécuritaire qui sévit dans l’Est de la RDC pour voiler l’agression rwandaise, mais plutôt l’armée rwandaise présente en République Démocratique du Congo.
Figé dans ses tactiques de camouflage qui ont montré leur limite, le président rwandais Paul Kagame, reconnu aujourd’hui par tous comme l’auteur principal de la déstabilisation de l’Est de la RDC et parrain de la guerre d’agression, pense encore rééditer sa méthode en ordonnant à sa « création, l’AFC/M23″de publier un communiqué annonçant le retrait des troupes d’Uvira. Or, ce n’est plus un secret, tout le monde sait que ce sont les troupes rwandaises qui occupent la partie orientale de la RDC.
Hormis le fait que le régime de Kigali essaye toujours de se soustraire au conflit par le jeu de passe-passe, malgré les nombreux rapports attestant la présence de l’armée régulière rwandaise en RDC, Paul Kagame ne veut pas donner l’impression qu’il a reculé face à la pression des États-Unis d’Amérique.
L’AFC/M23 non concerné par l’Accord de paix de Washington
Alors que les pantins de l’AFC/M23
ont été superbement ignorés dans l’Accord de paix entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, signé le 27 juin 2025 par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, et entériné le jeudi 4 décembre 2025 par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, Kigali tente dans sa malice habituelle de s’effacer pour mettre en exergue sa « création » qui n’a aucun rôle à jouer. L’objectif reste son obstination tendant à faire croire que la guerre qui sévit en RDC est une affaire congolo-congolaise. Un narratif bien dépassé au vu de l’évolution de la situation, grâce notamment aux différents rapports d’enquêtes menées par diverses organisations, y compris les experts des Nations-Unies.
Ainsi, après s’être illustré par la violation expresse de l’Accord de paix à moins une semaine de sa signature sous la médiation des USA, lequel l’oblige de retirer ses troupes du territoire congolais, le Rwanda a subi de très fortes pressions de l’administration américaine. Et cette annonce de retrait des troupes de la ville d’Uvira, qui devrait normalement être faite par le gouvernement rwandais, n’est rien d’autre chose que la réaction à la pression de Washington.
On rappelle, à ce sujet, que l’ambassadeur américain aux Nations-Unies, Mike Waltz n’a pas usé de langage diplomatique, lors de la réunion du Conseil de sécurité sur la crise congolaise le vendredi 12 décembre, pour dénoncer le comportement des dirigeants rwandais qui venaient de violer délibérément l’Accord de paix signé avec la RDC sous l’égide des USA, en envoyant des troupes rwandaises occuper la ville d’Uvira.
« Les États-Unis disposent d’informations supplémentaires sur l’ampleur et la sophistication de la participation du Rwanda dans l’Est Congolais. Le président Paul Kagame participe intimement à la planification et à l’exécution de la guerre dans l’Est de la RDC, en donnant des instructions militaires et politiques depuis des années.
Les forces de défense rwandaises fournissent un appui logistique, du matériel et de la formation au M23 et ont envoyé 5000 à 7000 soldats en RDC.
Ces derniers mois, le Rwanda a déployé des missiles sol-air et des armes sophistiquées pour soutenir le M23 face à l’armée congolaise.
Le Rwanda et le M23 ont lancé une offensive le week-end dernier pour prendre Uvira, avec des forces rwandaises sur le front « , a-t-il déclaré en substance.
Et le lendemain, samedi 13 décembre, c’était le tour du Secrétaire d’État américain, Marco Rubio d’enfoncer le clou sous un ton menaçant à l’égard des dirigeants rwandais. Le chef de la diplomatie américaine avait promis, après dénonciation, que son administration prendrait des mesures pour garantir le respect des promesses faites au Président Donald Trump.
Comme on peut le constater, c’est bel et bien le Rwanda qui retire ses troupes de la ville d’Uvira, et ses pantins derrière lesquels il tente de se cacher. Trop tard malheureusement parce que le jeu n’échappe plus à personne.
Vivement la Résolution 2773
Par ailleurs, les pantins de l’AFC/M23 essayent de poser des conditions à travers leur déclaration, écrire par procuration, selon lesquelles les forces gouvernementales ne doivent pas occuper Uvira après leur retrait, comme si on voudrait créer une sorte de zone tampons. Ce qui est contraire à l’esprit de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité qui exige le retrait des troupes rwandaises du sol congolais afin de permettre à l’Etat congolais de rétablir son autorité sur toute l’étendue de son territoire. Sûrement que le Rwanda leur dicte des histoires.
On rappelle que dans les accords signés à Washington, en commençant par celui de paix entre la RDC et le Rwanda, la souveraineté et le respect de l’intégrité territoriale de la RDC sont réaffirmés. Vouloir faire autrement c’est chercher tout simplement à regarder l’application desdits accords, dont le Président américain tient à l’application prompte afin d’offrir une paix totale et définitive au peuple qui a payé durant trois décennies de lourds tributs des violences.
FARDC : l’obligation de respecter le serment
On ne peut parler de la guerre faite à la RDC sans penser à l’armée nationale, les FARDC. Car, on peut l’emporter sur le terrain politique et diplomatique, ou encore bénéficier du soutien des partenaires, mais la mission première de sécuriser le territoire national incombe à l’armée congolaise.
Curieusement, les compatriotes ayant opté de servir la nation sous le drapeau, donnent l’impression de ne pas intérioriser le sens du serment prêté ! Leur attitude frise trahison et ne cesse d’humilier les filles et fils de la RDC. Ce qui a permis au Rwanda de se livrer pendant plus de 30 ans à la déstabilisation du Grand Congo, notamment dans sa partie orientale qui fait frontière avec ce pays au régime dictatorial et sanguinaire.
Comment peut-on abandonner le territoire à l’ennemi et exposer les vies humaines ? Quel est alors le sens du serment prêté ?
Il est évident que pendant 18 ans, la RDC a été livrée au Rwanda qui téléguidait tout à partir de Kigali, par la volonté du régime qui était en place et fonctionnait sous les ordres de Kigali. Mais, depuis 2021 où le complot mené par le Rwanda a été dévoilé et porté à la connaissance de tous les Congolais, rien ne justifie cette attitude consistant à fuir de temps en temps le front et livrer le terrain à l’ennemi.
Face à la situation, le commandant suprême des FARDC est appelé à prendre ses responsabilités, notamment dans le sens de faire appliquer strictement la loi à l’encontre de ceux qui trahissent sous le drapeau. De même, le chef de l’État devrait également prendre des décisions courageuses allant dans le sens d’écarter les officiers infiltrés et autres corrompus de la chaîne de commandement et confier ce dernier peut-être aux officiers subalternes non impliqués dans la trahison aux fins de business. C’est une expérience qui a été appliquée dans nombre de pays en vue d’éradiquer la gangrène de trahison. Il faudra également frapper dur les fuyards.
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