Comme prévu, la cartographie censitaire a effectivement démarré dans la capitale. Les opérateurs cartographes sont déployés, depuis le lundi 19 octobre dernier, dans les 24 communes que compte la ville de Kinshasa pour le 2eme Recensement Général de la Population et de l’Habitat, RGPH-2. Ce, 42 ans après le 1er effectué en 1984. La durée de l’opération est d’un mois pour la ville de Kinshasa ; tandis qu’elle prendra deux mois en provinces. Le dénombrement interviendra en juillet 2027.
Il importe de signaler que le RGPH-2 est une opération scientifique au service de la planification du développement, il est distinct de l’identification et enrôlement des électeurs. Il concerne toutes les personnes vivant en RDC, Congolaises comme étrangères.
Pour ce faire, la population est invitée à accueillir favorablement les agents cartographes et à leur faciliter le travail.
Lancé officiellement le 28 septembre 2026 par le Ministre d’État en charge du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, Guylain Nyembo Mbuizya, le RGPH-2 bénéficie entre autres de l’appui de l’UNFPA. Son budget s’élève à 194 millions de dollars. Il se déroulera sur une période de 12 mois. Un total de 130.000 agents ont été recrutés et formés pour cette fin.
Au premier jour, les opérations se sont bien déroulées sur le terrain, à entendre M. Kankonde Kankonde Raymond, chef d’équipe des agents cartographes déployés au quartier Gampany, dans la commune de Kimbanseke. Selon lui, ils n’ont pas rencontré de difficultés majeures. Quelques résistances ont été relevées, certaines gens ne voulaient pas au départ se confier à eux. Mais, après explications, ils ont dû obtenir les données recherchées.
Il faut noter que bon nombre des agents cartographes déployés sur le terrain ont parfois été butés à cette attitude auprès de certains habitants dans plusieurs coins de la ville. Grâce à la formation reçue, il n’y a pas eu d’incidents. Chose normale dans un environnement miné par des sentiments politiques où quelques Kinois intoxiqués par des acteurs politiques confondent la nature du RGPH-2, avant de revenir aux bons sentiments après explications des agents cartographes.
Il était, en effet, question de prélever le nombre des habitants par quartier, commune, maison par maison, ainsi que le nombre des bâtiments qui composent le quartier, la commune.
Dans leur entretien avec les habitants, les recenseurs conféraient avec le chef du foyer qui leur fournissait le nombre des personnes qui composent son foyer et leurs différentes tranches d’âge.
D’une manière générale, les Kinois ont salué l’initiative gouvernementale consistant à connaître à combien se chiffrent les âmes qui peuplent actuellement la République démocratique du Congo, nationaux comme étrangers.
Sur le terrain, l’opération bénéficie d’un accueil favorable de la part de plusieurs habitants, qui y voient une occasion de connaître enfin l’effectif réel de la population congolaise.
« Nous sommes très contents de cette initiative. En réalité, nous ne savons pas combien nous sommes exactement. Parfois, nous entendons parler de 100 à 120 millions d’habitants. C’est grâce à ce recensement que nous saurons effectivement combien nous sommes », témoigne un responsable de ménage rencontré sur le terrain.
Au-delà du nombre d’habitants, l’opération permettra également de disposer de données plus fiables sur la composition de la population vivant en RDC, Congolais et étrangers. Un atout nécessaire devant aider à planifier les politiques de développement adaptées aux besoins des communautés dans divers domaines de la vie nationale.
Toutefois, comme il fallait s’y attendre, l’absence de certains chefs de ménage au moment du passage des agents et l’accès parfois difficile à certaines parcelles comptent parmi difficultés rencontrées. Il faudra renforcer la communication pour que des dispositions soient prises en cas d’absence du chef de ménage.
Pour ce faire, il y a nécessité de renforcer la communication et diversifier les canaux de sensibilisation des populations.
« Nous n’étions pas sensibilisés dès le début. Certes, les informations peuvent être diffusées à la télévision, à la radio et sur les réseaux sociaux, mais il est important de penser aussi à ceux qui n’ont pas accès à ces moyens de communication. Une sensibilisation de porte à porte serait préférable pour que les agents soient mieux accueillis. Sinon, nous sommes très contents de cette opération », a déclaré un responsable de ménage recensé.
On rappelle que les agents cartographes ont un mois pour boucler l’opération à Kinshasa, avant d’être déployés pour la même tâche en provinces pour une durée de deux mois.
Dom