À l’annonce le lundi 12 octobre dernier de la création d’un nouveau mouvement politico-militaire, dénommé FRN (Front pour la refondation de la nation) dont la direction est confiée à l’ancien président congolais, d’aucuns étaient étonnés de voir Joseph Kabila sortir enfin de l’ombre pour porter ouvertement une telle responsabilité. Alors que pendant son long règne de 18 ans, l’homme n’a jamais fait preuve de courage pour assumer clairement ses actes, ses responsabilités.
Cette attitude que certains qualifiaient d’incompétence et d’irresponsabilité, se remarquait par ses absences aux grands rendez-vous du monde, y compris ceux où l’avenir du pays qu’il était censé diriger se discuter. C’est le cas notamment des sommets sur le climat (COP), des forums où on traitait de l’exploitation et commercialisation des minerais, de l’exploitation forestière, l’eau, etc.
Curieusement, on voit Joseph Kabila apparaître en public dans une cérémonie solennelle de la rébellion pro rwandaise consacrée à la sortie officielle du FRN, un geste dont il était sans ignorer que ça ne manquerait pas de susciter des critiques et condamnations. Qu’est-ce qui l’a alors poussé à accepter une telle offre ?
Dans sa dernière livraison, Le Phare avait posé la question de savoir s’il n’y avait pas de main noire ayant poussé Joseph Kabila à accepter la posture de chef rebelle.
Après analyse et vérification des faits, le quotidien revient sur le dossier et à mesure de soutenir que l’ex président n’a pas accepté de prendre la direction du FRN, qui du reste a suscité un tollé des réactions négatives dès l’annonce, de son propre gré. Mais, il y a été poussé par son mentor, le dictateur Paul Kagame. L’objectif est de tenter de convaincre la communauté internationale que la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République Démocratique du Congo est une affaire congolo-congolaise. Le Rwanda n’y est pour rien.
Un coup d’épée dans l’eau
Ceux qui ont toujours soutenu que le président rwandais semble avoir perdu ses facultés, depuis qu’on l’a dénoncé publiquement comme auteur principal de toutes les guerres et violences qui sévissent dans la partie orientale de la RDC, n’ont pas du tout tort. Car après les résolutions onusiennes 2773 et 2808 sur la situation en République Démocratique du Congo attestant clairement l’agression rwandaise, et exigeant le retrait sans conditions de ses troupes et tout soutien au M23, Paul Kagame ne devrait plus se livrer à des manoeuvres sordides en poussant Joseph Kabila à créer un nouveau mouvement politico-militaire.
Comme c’était l’imaginaire menace qu’exerceraient les FDLR sur le Rwanda, les mensonges sur lesquels le régime criminel de Kigali se servait d’arguments ont été découverts par tous. Sinon, les deux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU précitées n’auraient pas été votées presqu’à l’unanimité. Les rapports d’enquêtes menées par des experts des Nations-Unies ayant servi de soubassements.
A part l’ONU, il importe de signaler que plusieurs organisations internationales ayant enquêté sur la situation d’insécurité qui règne dans l’Est de la RDC, ont aussi conclu que c’est le Rwanda qui est à la base. Son président, Paul Kagame crée des pseudo rébellions dont le commandement militaire et la direction politique sont totalement placés sous son leadership, tout comme l’essentiel des troupes sur terrain au Congo.
Donc, face à ce qui paraît comme évidence, il est étonnant de constater que le tyran de Kigali ne se gêne pas, il continue à croire qu’il peut encore dissuader la communauté internationale de la non implication du Rwanda dans ce qui se passe en RDC. Et Joseph Kabila prend le risque de jouer un tel rôle. Sans doute, il a confirmé son statut de supplétif, sinon automate.
Kabila : des contradictions en contradictions
Sans initiative personnelle parque que manquant cruellement de leadership, Joseph Kabila continue à être tout dicté par son mentor Kagame comme c’était le cas quand il était à la tête de la RDC, où toutes les décisions de gestion de l’État étaient prises à Kigali et lui transmises pour application. Même les nominations dans l’armée, la police et les services de renseignements, ainsi que le remaniement du gouvernement, tout était soumis à l’approbation de Kigali.
Ceux qui doutaient encore de cette évidence ont aujourd’hui la preuve devant eux.
Comme l’a fustigé Vital Kamerhe, en s’exprimant sur la situation du pays, Joseph Kabila entretient la confusion. Pendant qu’il prône le dialogue pour le retour de la paix, il décide de prendre des armes pour renverser les institutions républicaines démocratiquement établies.
Son long règne de 18 ans, était marqué par cette confusion. Le M23 défait militairement en novembre 2013, il avait bizarrement signé l’année suivante des accords avec les dirigeants dudit mouvement consacrant la souveraineté du pays ; les mouvements armés qu’il semblait combattre pendant son règne se sont aujourd’hui transformés en alliés pour déstabiliser la RDC ; il endossait le mensonge du Rwanda présentant les FDLR comme une menace permanente pendant le régime de Kagame contrôlait toutes les neuf frontières de la RDC (cfr les accords signés les 12 et 16 mai 2012 à Rubavu, dénoncés par le feu professeur Kalele), aussi bien au plan militaire que sécuritaire.
Bref, Joseph Kabila a finalement ôté le masque pour dévoiler sa vraie face, celle d’agent rwandais commis à la déstabilisation de la République Démocratique du Congo.
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