A cause de la surpopulation carcérale, le Gouvernement suspend temporairement l’admission de nouveaux prévenus à la prison de Makala

Après une tournée effectuée à travers le pays, particulièrement dans les grandes villes congolaises, le Gouvernement vient de prendre un certain nombre de mesures à cause de l’encombrement dans les principales prisons du pays. Cette question a fait l’objet d’un spécial briefing presse placé sous le thème « Point sur la gestion du secteur de la Justice en République Démocratique du Congo », coanimé hier jeudi 22 octobre par deux membres du Gouvernement à savoir Guillaume Ngefa Atondoko et Patrick Muyaya Katembwe, respectivement ministre d’État en charge de la Justice et Garde des Sceaux, et ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement.

Dans son exposé, le Ministre de la Justice a déclaré d’entrée de jeux que la congolaise justice est confrontée à plusieurs défis parce que celle-ci est mal rendue. Il y a des raisons qui justifient cet état des choses.
Nécessité de construire des établissements pénitentiaires
Les maisons carcérales dont dispose actuellement la RDC sont totalement débordées, la population carcérale dépasse largement la capacité d’accueil initialement prévue. Ainsi, pour faire face au problème, il y a urgence et nécessité de construire des établissements pénitentiaires répondant aux normes modernes à travers le pays.
C’est pourquoi, en attendant l’amélioration de la situation, le gouvernement a pris la décision de procéder au désengorgement des maisons carcérales, en libérant notamment des cas jugés bénins. Car à l’issue de sa tournée à travers le pays, il s’est rendu compte que beaucoup de personnes ont passé des années en prison sans être jugées, pire encore sans dossier. Guillaume Ngefa a également constaté, par exemple dans la province du Kongo central, que la plupart des cas des personnes incarcérées relève de la spoliation, litiges fonciers.
L’occasion faisant le larron, le Ministre de la Justice a renseigné que la RDC dispose de 214 prisons, dont 216 subventionnées ; quelque 52.000 prisonniers dont plus de 50.000 hommes et 1476 femmes. La majorité de ces personnes incarcérées est composée des prévenus, pas de jugements définitifs prononcés.
Les personnes jugées et condamnées s’élèvent à quelques 5000 prisonniers.
Par ailleurs, il a regretté que des simples maisons d’arrêt soient automatiquement transformées en prisons sans tenir compte des conditions ou normes en la matière.
En outre, parmi les options pour désengorger les prisons, figure entre autres la possibilité d’envoyer certains détenus au Service National pour aller apprendre le métier et devenir utiles à la République.
On entrevoit d’envoyer certains détenus au Service National pour apprendre le métier et devenir utiles à la République.
L’insuffisance des magistrats à travers le pays, notamment dans les tribunaux de paix, fait que les gens soient restent longtemps dans les maisons carcérales sans être jugés.
Hormis ces cas, on a aussi celui des malades mentaux qu’on garde à Makala. Alors que les personnes souffrant de la dépression devraient être éloignées d’autres prisonniers afin d’éviter d’éventuels dégâts.
Perquisitions en Belgique, affaires Fils Mukoko, Beni Mukena, Manassé Lomboto, etc.
Comme il fallait s’y attendre, des questions d’actualité ont été posées par les journalistes sur les perquisitions menées en Belgique dans les résidences des proches du chef de l’Etat. Tout comme le cas de Fils Mukoko pour des propos jugés dangereux parce que appellant à la violence. Le Ministre Guillaume Ngefa a indiqué que le Gouvernement joue pleinement ses responsabilités et suit de près la situation sur la voie diplomatique et coopération judiciaire avec la Belgique.
Quant au cas Fils Mukoko, il est arrêté et sera jugé, a-t-il informé. Car, a-t-il poursuivi, un Etat moderne et démocratique ne peut tolérer de tels propos.
Concernant Beni Mukena, les choses suivent la procédure de coopération judiciaire entre les deux pays qui, malheureusement n’a pas été tous ces temps mise au point. C’est un problème de procédure entre Etats.
Toujours en ce qui concerne l’actualité, le cas de Manasse Lomboto, présenté comme un militant tué par les forces de l’ordre lors de la marche de l’opposition, dont le corps traîne à la morgue sur instruction des autorités, le ministre de la justice n’est pas allé par quatre chemins. Guillaume Ngefa a affirmé qu’il avait donné l’injonction pour que le corps ne soit pas inhumé aussi longtemps que l’enquête est en cours.
L’affaire ayant été portée à la justice, il faut attendre le rapport de l’enquête diligentée parce que la vérité doit être connue et portée à la connaissance de l’opinion. Le corps ne sera remis à la famille pour enterrement qu’après l’autopsie dans le cadre de ladite enquête.
Le Ministre Muyaya formel : la présence de Kabila à la tête de la rébellion ne change rien de l’agression rwandaise contre la RDC
On sait que l’ancien président est utilisé par son mentor, Paul Kagame, pour tenter de congoliser la crise sécuritaire qui sévit pendant plus de trois décennies dans l’Est de la RDC. « C’est un fils aîné du jocker » bien connu et identifié comme responsable de la situation de déstabilisation du Congo, a-t-il martelé.
Donc, sa présence à la tête de la rébellion ne changera pas la donne. Car le monde sait que c’est le Rwanda qui agresse la République démocratique du Congo. Ce n’est pas un problème congolo-congolais comme le dictateur de Kigali est en train de perdre son temps.
Infodernières

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