Mbuji-Mayi : les grands corridors prennent forme

Après les provinces du Kasaï et du Kasaï-central, la caravane du ministre des Infrastructures gagne la ville de Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï oriental, où se concentrent plusieurs projets parmi les plus ambitieux du programme national d’infrastructures.

À peine revenu d’un bref passage à Kinshasa pour prendre part au Conseil des ministres, John Banza Lunda retrouve le terrain. Direction l’axe Mbuji-Mayi-Kabinda-Mbanga afin d’évaluer l’évolution des travaux sur la Route nationale n°2.

C’est sur ce corridor que prend progressivement forme la future autoroute de Kimbangu, présentée comme la première autoroute à deux fois deux voies de la République démocratique du Congo. Au fil des inspections, le ministre examine les dispositifs d’assainissement, les ouvrages hydrauliques, les couches de fondation ainsi que les premiers kilomètres déjà recouverts de béton bitumineux.

Les premières réalisations sont visibles. Elles donnent un aperçu de ce que deviendra, à terme, cette infrastructure appelée à relier Kabwe à Bukavu sur plus de mille kilomètres. Dans la foulée, le gouvernement lance officiellement la phase d’asphaltage de la Route nationale n°1 entre Mbuji-Mayi et Nguba, longue de 846 kilomètres. Grâce à une réorganisation du projet, le délai d’exécution est ramené de dix à trois ans, avec une mise en service espérée en 2027.

Pour le « Cantonnier » de la République, cette étape symbolise parfaitement la philosophie qui guide sa caravane : transformer les annonces en réalisations visibles, suivre personnellement les chantiers et maintenir une pression constante sur tous les intervenants.

De Lomami au Haut-Lomami, les corridors de l’avenir prennent forme

Le voyage est loin d’être terminé. Devant le convoi s’ouvrent les routes du Lomami et du Haut-Lomami, où l’attendent de nouveaux défis : érosions à contenir, projet Tshilejelu à relancer, RN1 à moderniser, ponts à bâtir et corridors à connecter.

Après plusieurs jours d’inspection, la fatigue se lit sur les visages des accompagnateurs mais pas sur celui de John Banza Lunda. À chaque escale, le même rituel se répète : descendre du véhicule, bottes toujours enfilées, rejoindre les ingénieurs, écouter les autorités locales, ausculter les ouvrages avant de reprendre la route. Un rythme soutenu qui conforte un peu plus son image de « l’homme -solution ».

À Kabinda dans la province du Lomami, le ministre multiplie les descentes sur les principaux chantiers structurants de la province. La piste de l’aéroport de Lomami, les ouvrages de lutte contre les érosions, les travaux engagés sur les Routes nationales n°1 et n°2 ainsi que les différents aménagements destinés à améliorer la mobilité sont scrupuleusement inspectés. Ici comme ailleurs, le mot d’ordre reste inchangé : vérifier sur place plutôt que se contenter des rapports.

Le cortège poursuit ensuite sa progression jusqu’à Mwene-Ditu, principal carrefour économique de la province. À son arrivée, une foule composée d’autorités provinciales, de chefs coutumiers, de responsables politiques et d’habitants réserve un accueil chaleureux au ministre. Mais derrière les marques de sympathie se cache une préoccupation majeure : l’avenir du projet Tshilejelu, dont le blocage alimente depuis plusieurs mois les inquiétudes de la population.

Plutôt que de répondre depuis une salle de réunion, John Banza choisit de se rendre directement sur les sites concernés. Accompagné des responsables de l’Office des voiries et drainage (OVD) et de l’Office des Routes (OR), il examine les besoins techniques, évalue les contraintes financières et mesure l’ampleur des travaux restants à réaliser.

Les premiers constats se veulent encourageants. Sur les avenues Saint-Martin et Kapumu, les ouvrages de lutte contre les érosions financés par le Fonds national d’entretien routier (FONER) ont permis de stabiliser des ravins qui menaçaient de couper la circulation. Les responsables techniques présentent des résultats jugés satisfaisants, confirmant que plusieurs secteurs critiques sont désormais sécurisés.

Le dossier le plus sensible demeure toutefois celui de Tshilejelu. Face aux élus nationaux venus plaider la reprise des travaux, le ministre prend un engagement attendu : activer, auprès du gouvernement central, le décaissement des financements indispensables à la relance du programme. Cette décision doit notamment permettre de remettre en mouvement les projets de voirie urbaine de Mwene-Ditu, longtemps freinés par des difficultés budgétaires.

Sur l’avenue Kinshasa, les équipes de l’OVD préparent déjà la réalisation d’un tronçon de cinq kilomètres, tandis que l’Office des Routes concentre ses efforts sur l’axe Mbaya-Musenga, long de 150 kilomètres. À terme, cette liaison devra ouvrir un nouveau corridor entre le Lomami et le Lualaba en passant par Kapanga. Dans le même programme figure également la construction du pont modulaire Mushi-Mayi, destiné à renforcer cette connexion interprovinciale.

À peine cette étape achevée, la caravane reprend sa marche en direction du Haut-Lomami. Les kilomètres défilent sous les roues du convoi jusqu’au PK7 du lot 2 de la RN1 reliant Mbuji-Mayi à Nguba.

Sur cette section de 130 kilomètres, les travaux de structure sont pratiquement achevés et les opérations de revêtement progressent. Une difficulté subsiste néanmoins : les retards dans l’approvisionnement en bitume, bloqué à Matadi et à Lubumbashi.

Sans attendre, John Banza convoque les responsables de l’Agence congolaise des grands travaux. Les instructions tombent immédiatement : traiter cette question en priorité afin d’éviter tout ralentissement du chantier et harmoniser les méthodes d’entretien routier pour préserver la praticabilité des axes pendant la saison sèche.

La route conduit ensuite la délégation vers Luputa, où l’administrateur du territoire de Luilu remet au ministre un mémorandum réclamant de nouvelles infrastructures pour cette partie du pays. Quelques kilomètres plus loin, un autre arrêt intervient au poste de contrôle de Kasaï 5, avant que la caravane ne rejoigne Kaniama.

Sur cette nouvelle étape, le cantonnier de la République inspecte l’un des projets les plus ambitieux de la RN1 : la modernisation de la section Mbuji-Mayi-Nguba, longue de 853 kilomètres. Les terrassements, les couches de fondation, les ouvrages hydrauliques, les ponts et les équipements de signalisation avancent simultanément sur plusieurs fronts. Les ingénieurs présentent également un imposant pont en construction sur l’axe Kaniama-Kamina, appelé à améliorer durablement la circulation dans cette région.

Lorsque le soleil décline sur les plaines du Haut-Lomami, le convoi atteint enfin Kamina, après plusieurs centaines de kilomètres parcourus sur une piste exigeante.

Ici John Banza Lunda poursuit son opération de contrôle des grands chantiers nationaux. Entre Mwene-Ditu et Kamina, le convoi ministériel avale près de 327 kilomètres sur un axe encore en pleine transformation, confirmant la volonté du patron des Infrastructures de suivre personnellement l’évolution des projets engagés par le gouvernement.

Kamina : le Cantonnier de la République élargit le champ de son inspection

Au-delà de la Route nationale n°1, il passe en revue plusieurs infrastructures qui pourront renforcer les échanges entre les provinces. Les travaux de réhabilitation de la voirie urbaine retiennent son attention, tout comme le programme de modernisation des installations portuaires de Bukama, Lukama, Malemba-Nkulu, Mulongo, Ankoro, Kabalo et Kongolo. Pour l’exécutif, ces plateformes constituent des maillons indispensables d’un réseau multimodal destiné à dynamiser les activités économiques et à améliorer la circulation des biens comme des personnes.

La desserte aérienne s’inscrit également dans cette dynamique. Soucieux de mieux connecter cette partie du territoire, John Banza Lunda confie à l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) les études techniques relatives à l’aménagement de l’aéroport de Malemba-Nkulu. Le projet prévoit son raccordement aux Routes nationales 1, 3 et 33, avec l’ambition de créer une véritable complémentarité entre les infrastructures routières et le transport aérien.

L’étape de Bundwe marque ensuite un temps fort de cette mission. Après avoir évalué l’état du pont actuellement en service, le ministre annonce l’entrée imminente dans la phase opérationnelle du futur ouvrage. Long de 145 mètres, ce pont en béton précontraint viendra renforcer la continuité de la RN1 et améliorer durablement les liaisons entre plusieurs provinces. Les études étant désormais achevées, le lancement des travaux ne dépend plus que des dernières formalités administratives.

À Kamina, la tournée ne se limite pas aux infrastructures de transport. John Banza visite également la nouvelle usine de production d’eau potable, l’un des investissements structurants de la province. Réalisée grâce à un financement global de 13 millions de dollars, cette installation dispose d’une capacité de production quotidienne de 7 000 mètres cubes, avec pour objectif de sécuriser durablement l’approvisionnement en eau de la population locale.

Au terme de cette ultime étape, une même orientation se dégage de l’ensemble de la caravane infrastructurelle : développer un réseau intégré associant routes, ports, aéroports et services essentiels afin de réduire le désenclavement des provinces. À travers cette approche, le gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa entend accélérer la mise en œuvre de sa stratégie nationale de connectivité et créer les conditions d’un développement économique plus équilibré sur l’ensemble du territoire.

Malgré l’intensité de cette journée, le programme du lendemain est déjà arrêté. D’autres inspections attendent encore le Cantonnier de la République, qui n’entend ralentir ni son rythme ni son exigence.

Le dernier kilomètre vers le grand Katanga

Le mardi 30 juin. Tandis que la République démocratique du Congo célèbre le 66ᵉ anniversaire de son indépendance, la caravane infrastructurelle a poursuivi, elle aussi, sa propre conquête. Après plus de dix jours passés sur les pistes du Congo profond, John Banza Lunda entre dans le Lualaba, avant d’achever son itinérance dans le Haut-Katanga. A Kolwezi, il va avec la gouverneure Fifi Masuka tâter la route de Dilolo menant vers l’Angola. Il écoute les ingénieurs commis aux travaux. Là aussi des instructions sont données. Au retour après une journée épuisante, il discute avec les responsables de la Sicomines et de la SISC, le bras financier de plusieurs projets. Jeudi 3 juillet, la caravane reprend une dernière fois la route vers Kasenga, puis met le cap sur Lubumbashi, ultime destination de cette expédition inédite.

Dans la capitale du Haut-Katanga, John Banza Lunda boucle officiellement son marathon après avoir inspecté sur la grande Kolwezi-Lubumbashi ponts et plusieurs chantiers d’infrastructures, avant de dresser un premier bilan de cette longue randonnée.

Ainsi au terme de cette traversée exceptionnelle, une image restera sans doute gravée dans les mémoires de Congolais : celle d’un ministre arpentant inlassablement les pistes du Congo profond, casque de chantier vissé sur la tête, échangeant avec les ingénieurs, interpellant les entreprises, rassurant les populations et scrutant chaque ouvrage avec la même exigence.

Au-delà des kilomètres avalés, des ponts inspectés et des routes évaluées, cette caravane infrastructurelle a surtout délivré un message : la reconstruction du réseau routier national ne peut se piloter à distance. Elle se contrôle et se décide au plus près des réalités du terrain.

C’est précisément cette philosophie qui aura guidé, pendant douze jours, le Cantonnier de la République sur les routes d’un Congo en quête de nouvelles connexions et de nouveaux horizons

Les installations de la Sicomines, principale pourvoyeuse des fonds de construction des infrastructures sur la RN1 a été visitée par le Ministre John Banza .

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