Après avoir joué au cache-cache pendant des années, refusant d’apparaître publiquement pour qu’on ne sache que c’est lui qui était aux manœuvres, Joseph Kabila a fini par se dévoiler. Il a enfin levé l’option de sortir de l’ombre et accepter de diriger ouvertement la coalition des mouvements armés qui servent de béquilles à l’agression rwandaise contre la République Démocratique du Congo. Il a créé un nouveau mouvement politico-militaire dénommé « Front pour la refondation de la nation, FRN » qui, en réalité, n’est que la continuité de l’AFC/M23. Il s’agit d’un simple jeu de mots bien propre à son maître inspirateur de Kigali.
Cette posture que vient de prendre l’ex président congolais n’est nullement une surprise pour les esprits éclairés qui le soupçonnaient depuis d’être derrière la violence qui sévit dans l’Est du pays avec son corollaire des malheurs. Les faits et gestes de Joseph Kabila, notamment sa présence à Goma quelques semaines seulement après l’occupation de la ville par l’armée rwandaise, induisaient à cette conclusion. Escorté par l’armée rwandaise de Kigali à Goma, au moment où aucun Congolais, qui n’est pas de mèche avec l’agresseur ne pouvait oser prendre le risque d’aller dans cette ville sous occupation, tout cela était suffisant pour conclure à la complicité de Joseph Kabila avec le Rwanda.
En plus, il n’a jamais condamné l’agression dont la RDC est victime de la part du Rwanda, ni dénoncé la violation de l’intégrité territoriale du pays qu’il a dirigé pendant près de deux décennies ; alors que toutes les instances internationales ont attesté l’agression rwandaise contre la RDC. La Résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU en est la preuve.
Cependant, une question taraude les esprits : Joseph Kabila a-t-il pris cette décision de s’afficher ouvertement de lui-même ou il serait poussé par une main noire ?
A partir de son arrivée sous escorte des soldats rwandais, à Goma seulement quelques jours après l’occupation rwandaise, des analystes avisés voyaient déjà la complicité de Joseph Kabila avec le Rwanda dans la guerre d’agression que mène ce dernier contre la RDC.
Dévoilé publiquement par la communauté internationale, avec les Nations-Unies en tête, de déstabiliser l’Est de la RDC en instrumentalisant des pseudo rébellions, créées par lui-même et commandées par son armée, Paul Kagame aurait décidé de ne pas couler seul. Aurait-il poussé Joseph Kabila à s’afficher publiquement ? Rien n’est exclu.
Malgré cette apparition qui avait suscité à l’époque des questions, Joseph Kabila a continué à jouer à son cache-cache manquant le courage de s’assumer, alors que son implication ne faisait l’ombre d’aucun doute aux yeux des observateurs.
Qu’est-ce qui l’a poussé aujourd’hui à s’afficher publiquement et décidé de prendre ouvertement la direction d’un mouvement en remplacement de l’AFC/M23 dénommé « FRN »(Front pour la Refondation de la Nation) auquel le génie créateur congolais vient de coller une signification qu’il trouve mieux adaptée à la réalité, en l’appelant « Front Rwandais pour la Nuisance ».
CENCO-ECC, C64 et Cie dans l’embarras !
Ayant décidé, pour des raisons qui restent à élucider, de s’afficher publiquement comme chef rebelle, l’ancien président congolais met en difficulté tous ceux qui le défendaient et militaient pour qu’il soit impliqué dans le processus de dialogue convoqué par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi.
En première ligne de cette campagne pour l’implication de l’ancien président dans le processus de dialogue national, on trouve les deux confessions religieuses catholique et protestante, en l’occurrence la CENCO et l’ECC ; la coalition C64 ainsi que quelques acteurs politiques isolés.
Malgré l’hostilité affichée par la majorité des Congolais de voir Joseph Kabila participer au dialogue, parce que considéré comme complice du Rwanda qui massacre nos compatriotes dans l’Est et pille nos ressources naturelles, les responsables de ces organisations ci-haut énumérées refusaient de désarmer. Après la tournée du duo CENCO-ECC, Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean Marc Kabund et autres ont également prêché dans le sens. Martin Fayulu sait particulièrement la réaction qui lui a été réservée par les Congolais de la diaspora lors de son dernier voyage européen lorsqu’il a proposé que Joseph Kabila soit parmi les participants au dialogue, avec son fameux adage de linge sale.
Bref, les Congolais sont hostiles à la présence de ceux de leurs compatriotes qui ont pris le malin plaisir de s’allier au Rwanda pour continuer à faire couler le sang des innocents dans leur pays et piller ses ressources.
Auront-ils encore le courage de plaider pour la participation de l’ex président et de tous les Congolais ayant pris des armes contre leur pays, dès que lors que la donne a totalement changé ? L’ex chef de l’Etat s’est clairement affiché pour renverser un régime issu des élections, donc de la volonté populaire.
Le doute sur la congolité de l’ex président se renforce
Il est plus étonnant que hors imagination de voir un ancien chef de l’État, qui est censé veiller au bien-être des populations, prendre des armes pour tuer le peuple qu’il a dirigé ! Curieusement, c’est ce que vient de faire Joseph Kabila. Il laisse perplexes toutes les organisations nationales et internationales, aussi bien politiques que celles de la société civile. Comment peut-on concevoir un tel scénario pour un ancien président ? Les bonnes consciences sont malades d’apprendre cette nouvelle qui ressemble à un film fiction !
Du coup, les Congolais épris de patriotisme n’en reviennent pas, et
refusent de croire qu’un Congolais, digne de ce nom, de surcroît un ancien chef de l’État, puisse prendre officiellement des armes pour appuyer un Etat étranger, l’agresseur attesté de son pays, dans l’entreprise meurtrière mise en place pour massacrer les Congolais, voici trois décennies écoulées ! Pour eux, Joseph Kabila n’aurait pas du sang congolais qui coule dans ses veines. Jamais, soutiennent-ils, un Congolais de pur sang, ne peut s’associer à une telle entreprise démoniaque contre son pays.
Déjà sa sortie politique de vendredi 9 octobre a donné beaucoup de renseignements aux Congolais, y compris dans le camp de ses supporteurs. Les gens n’ont pas compris comment un ancien chef de l’État pouvait-il superbement ignorer son peuple en détresse ! Pas un seul mot de compassion pour les victimes de la guerre d’agression ni à l’égard des familles explorées, pas de condamnation de l’agression dont la RDC est victime, pas de condamnation pour les exactions commises par la rébellion à la solde du Rwanda. L’orateur n’a fait, par contre, que charger l’armée nationale et les Patriotes Wazalendo qui se battent pour défendre le pays, tout en restant muet à l’agresseur rwandais et ses supplétifs de l’AFC/M23.
Pour les analystes, Joseph Kabila a encore une fois réaffirmé son alignement au camp du rwandais, et affiché l’indifférence totale à l’endroit des victimes congolaises, comme c’était le cas lors de son premier passage à Goma aux lendemains de l’invasion de la ville de Goma par l’armée rwandaise.
À part delà, chacun pouvait se faire la nette idée de la personne de Joseph Kabila, sa nature, et pourquoi pas son origine. Car il est incompréhensible qu’une personne équilibrée puisse assister impuissant, sinon indifférent face au malheur qui frappe ses enfants ; par contre soutenir les bourreaux ! Voilà qui fait renforcer le doute sur la congolité de l’ancien président.
L’urgence de lever une option définitive sur le PPRD s’impose
Suspendu d’exercer ses activités à cause du silence qui frisait la complicité de ses dirigeants avec leur chef du parti, l’avenir du parti PPRD devient de plus en plus sombre, surtout avec la nouvelle posture de rebelle que de revêtir son président. Déjà placé sous les projecteurs pour sa complicité avec les ennemis de la République, l’option la décision prise par Kabila hier à Goma met ses anciens camarades membres du parti en sérieuse difficulté.
Après sa déclaration officielle de prendre la tête d’un mouvement politico-militaire, il est tout à fait indiqué que le Gouvernement pourra lever une option définitive à l’endroit de cette formation politique qui reste jusqu’ici sous la direction de l’ex président passé dans l’autre côté, dans le camp des ennemis de la République.
On rappelle en passant que depuis l’interpellation de deux hauts cadres dirigeants du PPRD, soupçonnés de ravitailler les miliciens Mobondo, ce phénomène est aujourd’hui presque complètement éteint. Comment alors ne pas de conclusion.
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