Bujumbura : «l’Évangile» du Président Ndayimishiye à la délégation de C64-CENCO-ECC

 

Comme annoncé dans les médias classiques et réseaux sociaux, le chef de l’Etat burundais, Evariste Ndayimishiye a bel et bien conféré avec la délégation venue de Kinshasa, composée des délégués de la coalition C64, de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) et de l’ECC (Église du Christ au Congo). Cependant, il n’y a pas eu de communiqué de la présidence burundaise ou encore des interviews des délégués congolais à la presse devant renseigner sur le contenu de l’entretien entre le chef de l’État burundais, président en exercice de l’Union africaine, avec les délégués de la coalition C64, ceux des concessions religieuses catholique et protestante. Toutefois, des fuites sorties des sources dignes de foi renseignent que les délégués de Kinshasa se sont retrouvés face à un véritable évangile les appelant à la responsabilité. C’est-à-dire tout leader congolais, quelle que soit le bord où il se trouve, est censé intérioriser le danger existentiel qui guette son pays, la RDC, notamment la crise sécuritaire que connaît le pays depuis trois décennies. S’interroger sur les origines de celle-ci, les causes, conséquences ainsi que les acteurs qui l’entretiennent. 

En clair, les leaders congolais sont appelés à focaliser leur attention sur les menaces extérieures qui pèsent sur leur pays, notamment la guerre d’agression la RDC est victime.

Evariste Ndayimishiye a tenu à rappeler à ses interlocuteurs quelques faits historiques en même d’aider à comprendre la crise sécuritaire que connaît la région des grands Lacs en général, et l’instabilité dans la partie orientale de la RDC en particulier.

Ça fait plus de 30 ans que l’insécurité sévit dans cette région de l’Afrique à cause des groupes armés qui naissent par-ci par-là et se multiplient dangereusement. Qui les finance, les entretient, et dans quel but ?

Voilà des questions que chacun devrait en priorité se poser afin de réfléchir aux éventuelles solutions à apporter.

Ces questions exigent que chaque leader, politique et social, développe le sens de responsabilité en vue d’épingler le mal, ses origines, causes et conséquences.

Le chef de l’Etat burundais qui est à même temps président en exercice de l’UA, Evariste Ndayimishiye a l’impression que nombre de leaders congolais semblent ignorer le danger de désintégration, les menaces qui pèsent sur leur pays. Autrement dit, les acteurs vivent dans une sorte de distraction pendant que l’intégrité territoriale de leur pays est sérieusement menacée, sans oublier des millions de morts que l’insécurité a causés en République Démocratique du Congo.

Des flèches mal orientées !

Au regard du comportement qu’affichent certains acteurs nationaux, politiques tout comme ceux de la société civile, l’impression qui se dégage est celle des gens qui font le jeu de l’ennemi de l’ennemi à qui on veut faciliter la tâche d’accomplir son plan. Car, comment en ce moment où sous d’autres cieux tous les acteurs font front commun face à l’ennemi en vue de sauver la nation en péril, en RDC on opte de combattre les institutions en place, du reste démocratiquement installées, plutôt que lutter en priorité pour préserver l’intégrité territoriale, obtenir le retour de la paix durable sur l’ensemble du pays. Puis, la lutte interne pour le pouvoir devrait suivre après avoir gagné la bataille de la survie de l’Etat.

Les confessions religieuses qui devraient s’investir dans l’éducation de masse, notamment dans la conscientisation du peuple, choisissent curieusement de s’activer dans le combat contre les institutions légalement établies. Alors qu’ailleurs, les choses se passent autrement. Pire encore, leurs homologues des pays qui sèment la mort et la désolation au Congo, ne se sont jamais soucieux de la vie humaine banalisée en RDC ! Ils n’ont jamais levé leur petit doigt pour appeler leurs dirigeants qui commettent des crimes en RDC d’arrêter leurs machines meurtrières !

Bref, tout en gardant sa distance diplomatique, le numéro burundais a dit toute la vérité aux opposants congolais en les mettant devant leur conscience face à la situation qui prévaut dans leur pays. Laquelle a des répercussions sur toute la région des grands Lacs. La balle est maintenant dans leur camp pour montrer de quoi ils sont capables pour sauver le pays.

Contrairement à ce que d’autres tentaient de supputer, la rencontre de Bujumbura n’a pas abordé dans le sens du fameux dialogue que l’opposition et les églises catholique et protestante réclament tambours battants, pendant que le pays est en guerre lui imposée par le Rwanda.

On ne peut clore ce chapitre sans s’interroger sur les raisons ayant fait que les délégués de la CENCO/ECC aient zappé l’étape de Burundi, lors de leur campagne d’explication menée dans tous les pays limitrophes de la République Démocratique du Congo ! Pourquoi avaient-ils évité le Burundi, alors qu’ils sont allés même au-delà du continent africain ? La question reste posée.

Infodernières

 

 

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