Les résidents du District de la Tshangu étaient sérieusement secoués, un certain mercredi 13 juillet 2026, par une opération » coup de poing » contre l’insalubrité, lancée à partir de la place « Pascal », à la frontière entre les communes de Masina et de Kimbanseke, par d’anciens « kuluna » regroupés désormais sous le label des « Bâtisseurs ».
Ces jeunes -gens , sortis du moule du « Service national « , porteurs des salopettes bleues et coiffés de casquettes jaunes, avaient débarrassé, en l’espace d’une journée, ce haut lieu de pollution environnementale de Kinshasa, de ses montagnes d’immondices, curé des égouts et caniveaux ayant longtemps disparu du paysage urbain, et dépoussiéré les quatre bandes aller et retour du boulevard Lumumba. Ils avaient nettoyé à l’eau et peint les façades du saut-de-mouton, chassé les vendeurs et vendeuses des marchés pirates, cassé la spirale des embouteillages chroniques qui paralysaient la circulation routière entre l’aéroport international de Ndjili et le quartier 1.
Pendant environ deux semaines, plus d’un citoyen s’est souvenu de l’existence de l’autorité publique, qui a repris ses droits sur les inciviques « producteurs des déchets ménagers et autres, violateurs des emprises publiques, sourds aux appels au respect du Code de la route.
Pris de peur, les » kuluna » habitués à agresser de paisibles citoyens aux arrêts et parkings de taxis, taxi-bus, taxi-motos et tricycles ont subitement disparu dans la nature.
Alors qu’on s’attendait à ce que le train de la salubrité prenne son grand envol, force est de constater, avec regret, des signaux d’essoufflement. Les démons de l’anarchie sont en train de réoccuper, à pas feutrés, les « territoires » abandonnés. Du quartier 1/Ndjili jusqu’à Mikondo, de nombreux vendeurs et vendeuses des marchés pirates sont en train de se réinstaller, au vu et su de tous, dans leurs anciens sites du petit commerce. Chassés régulièrement par les » Bâtisseurs », ils guettent le moindre relâchement pour planter le décor du statu quo ante le long du boulevard Lumumba et ses environs. Le cas le plus frappant est celui du marché » Hindou », fonctionnant à l’entrée de la route menant vers le dépôt de la société Transco, du Centre ophtalmologique de Masina et de la voie ferrée de l’Onatra.
Rasé sans autre forme de procès il y a deux semaines, avec saisie et destruction des denrées alimentaires de consommation courante, notamment des feuilles de manioc, des cossettes de manioc, des patates douces, du maïs, des arachides, des épices, des bananes, des légumes…ce lieu de négoce a rené de ses cendres comme un hydre.
Depuis lors, des » Bâtisseurs » s’activent au toilettage de son périmètre, le long du boulevard Lumumba, sans les inquiéter, ce qui laisse au public l’impression de leur aveu d’impuissance. Quant aux automobilistes et motocyclistes, ils ont renoué avec leurs vilaines habitudes de stationner en pleine chaussée pour embarquer ou débarquer des passagers. Les embouteillages sont de retour. Lentement mais sûrement, la campagne d’assainissement de Tshangu a tendance à s’enliser dans le laisser -aller et le laisser -faire. Les résidents de cette partie de la capitale interpellent le numéro un du Service national, le général Kasongo, pour battre le rappel de ses troupes et remettre de l’ordre là où l’anarchie menace sérieusement l’opération d’assainissement de la ville de Kinshasa. Personne ne souhaiterait revivre, dans cette mégapole, les malheureuses et douloureuses expériences de » Kin-Bopeto » et » Kin Ezobonga » , dans lesquelles le trésor public avait englouti des millions de dollars et de francs, pour des résultats que tout Kinshasa connaît.
Kimp