L’accord mettant fin au Contentieux belgo-zaïrois : 37 ans se sont écoulés

CE JOUR-LA… 26 juillet 1989, les ministres belge et zaïrois des Affaires Etrangères (Mark Eyskens et Jean Nguza Karl-i-Bond) signent, grâce au Roi Hassan II du Maroc, l’accord mettant fin au Contentieux Belgo-Zaïrois. La Belgique acceptait de passer l’éponge sur 17,5 milliards de FB que représentait la dette publique du Zaïre.

Le Contentieux Belgo-Zaïrois, d’où vient-il? Il faut noter que cette expression a été utilisée pour la première fois, et de manière officielle, en août 1961, par le Premier ministre Cyrille Adoula. C’était à la fin du Conclave de Lovanium. Le Conclave de Lovanium s’était tenu du 25 juin au 2 août 1961, réunissant les autorités de Léopoldville et celles d’Elisabethville, sous la houlette des représentants de l’ONU, en vue de sceller la réconciliation entre le Congo et l’Etat indépendant du Katanga, et ainsi rétablir la légalité. C’est au cours de ce Conclave que le Premier ministre Cyrille Adoula évoque le « Contentieux Belgo-Congolais », désignant l’ensemble des problèmes financiers restés pendants entre le Congo et la Belgique au lendemain de l’indépendance.

Pour le premier ministre Adoula, le transfert de souveraineté au 30 juin 1969 s’était effectué dans la précipitation et n’avait pas été accompagné du transfert géographique de tout l’appareil administratif dont la tête, en partie, était restée à Bruxelles. C’est là que naît le Contentieux Belgo-Congolais, qui sera repris plus tard, par le Président Mobutu Sese Seko, en « Contentieux Belgo-Zaïrois ». Les autorités zaïroises présentaient le Contentieux Belgo-Zaïrois sous 3 problèmes : (a) d’abord, la dette publique du Zaïre vis-à-vis de la Belgique, (b) ensuite, le portefeuille et les sociétés à charte et (c) enfin, les indemnisations que les citoyens belges résidant au Congo réclamaient des dommages causés au cours des évènements de 1960 qui avaient décimé leurs investissements (usines, sociétés, etc.).

En novembre 1988, la tension monte entre le Zaïre et la Belgique. Cause : le Président Mobutu, dans un message remis par le Commissaire Zaïrois aux Affaires Etrangères (Jean Nguza Karl-i-Bond) au Premier ministre belge, le Zaïre annonçait avoir renoncé à toute mesure de réduction de sa dette par la Belgique, mais tenait à relancer le contentieux belgo-zaïrois. C’est dans cette logique que le Président Mobutu enverra d’ailleurs une délégation de haut niveau à Bruxelles pour clarifier les vues du Zaïre et obtenir de la Belgique les précisions sur toutes ces questions. Il demanda aussi la tenue d’un débat contradictoire et public sur la question.

Ce débat fut organisé par deux grandes chaînes de télé bruxelloises (la BRT et la RTBF) entre 3 délégués zaïrois et la presse belge sur les critiques faites à la coopération et à l’attitude générale belge. A l’issue de ce débat, le Zaïre annonça la fin des « relations privilégiées » entre les 2 Etats. C’est dans ce contexte pollué que le Roi Hassan II du Maroc (grand ami de Mobutu) va intervenir par une diplomatie discrète jusqu’à parvenir à décrocher, lors du Sommet de la Francophonie de Dakar en mai 1989, un entretien entre le Président Mobutu Sese Seko et le Premier ministre belge Mark Eyskens. A l’issue de cette médiation, les zaïrois considéraient qu’ils ne récupéraient qu’une partie de leur droit car le Zaïre estimait à 40 milliards FB le dédommagement qui lui était dû. En contrepartie, il fut créé un fonds, géré conjointement par les 2 pays, servant à relancer des projets de développement au Zaïre.

 

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