« La diplomatie congolaise se porte bien. Elle est dynamique, ambitieuse et présente sur tous les fronts, aussi bien sur le plan géographique que thématique. Elle a la capacité d’être à la même table que les pays considérés comme des puissances, d’articuler les ambitions légitimes de la RDC dans différents forums et de traduire la vision d’une République démocratique du Congo plus forte, plus sûre et plus écoutée ». Les termes de la ministre des Affaires Étrangères, Coopération internationale et Francophonie, Thérèse Kayikwamba Wagner. Elle les a prononcés à l’occasion de bilan de l’An 1 du Gouvernement Suminwa II, dans son département.
Comme preuve du retour dans le concert des Nations et de la présence autour de la même table que les puissances, la RDC a dû siéger au Conseil de sécurité des Nations unies après plus de 30 ans. Pendant plus de 20 ans, elle a été un sujet des débats du Conseil de sécurité, sans véritablement occuper la place de protagoniste. Cette présence permet désormais de montrer que la RDC, malgré ses défis, peut aussi contribuer à la recherche de solutions et à la réflexion sur les problèmes auxquels le monde est confronté.
En termes d’apport de la présidence congolaise du Conseil de sécurité des Nations unies, Thérèse Kayikwamba Wagner explique que la RDC a placé au cœur des débats la question de son rôle international, en montrant que, malgré les défis sécuritaires et l’exploitation illicite de ses ressources naturelles, elle peut également contribuer aux solutions aux problèmes du monde. Toutefois une tâche noire demeure : l’exploitation illégale des ressources congolaises dans un contexte sécuritaire trouble. « Dans un conflit aussi complexe et ancien que celui de la RDC, l’exploitation illicite des ressources naturelles joue un rôle crucial. La situation à Rubaya et l’agrandissement des carrés miniers montrent la corrélation entre conflit armé et exploitation illicite des ressources. Les statistiques sur l’exportation de certaines matières provenant de la RDC par un pays voisin, illustrent également cette réalité », a-t-elle indiqué.
Cependant, l’exploitation illicite des ressources n’est pas le seul élément. La recherche d’une paix durable implique également la justice et nécessite des choix stratégiques, ainsi qu’un bon séquençage des différentes questions.
Face à cette situation, la RDC a choisi le front diplomatique dans la recherche de la paix à l’Est.
« L’un des éléments importants est la redevabilité. Dans le processus de Washington, il existe un partenaire qui reste engagé sur la question de la redevabilité des signataires. Les violations commises malgré la signature d’un accord doivent avoir des conséquences. Les sanctions imposées par le Trésor américain à l’ensemble de l’armée rwandaise constituent un exemple de progrès, même si les avancées ne se font pas encore au rythme souhaité », fait savoir la ministre des Affaires étrangères.
Passeport : le prix revu à la baisse
Thérèse Kayikwamba Wagner renseigne qu’un nouveau passeport a été introduit depuis un peu plus d’un an, avec un nouveau prestataire et un système davantage numérisé. L’objectif est de réduire les interférences humaines et les pratiques qui avaient contribué à des prix variables. Le prix officiel du passeport a été réduit et passe de 99 à 75 dollars, sur décision du président de la République. La décentralisation constitue également un axe important : des centres de capture ont été multipliés et le ministère travaille à en installer davantage à Kinshasa comme dans d’autres parties du pays.
Le ministère procède parallèlement à une évaluation du système afin d’identifier ce qui fonctionne et ce qui doit être amélioré.
Situation des diplomates
La ministre Kayikwamba indique qu’il y a des avancées, notamment dans le paiement plus régulier des salaires. Mais la situation ne s’améliore pas encore au rythme souhaité. La prise en charge des familles et leur couverture médicale font partie des chantiers en cours.
Le ministère travaille notamment à l’identification d’un prestataire pour assurer, pour la première fois, une couverture d’assurance santé aux diplomates et à leurs dépendants.
Le patrimoine immobilier diplomatique constitue également un autre chantier. La RDC a acquis un immeuble à New York et prévoit la réhabilitation de plusieurs biens, ainsi que l’ouverture ou l’inauguration de nouvelles chancelleries dans des capitales stratégiques.
La protection des ressortissants Congolais à l’étranger, le renforcement des ambassades dans les pays où la diaspora congolaise est importante constituent une autre priorité. La diplomatie congolaise intervient également dans les situations où des ressortissants sont victimes d’incidents ou de violations de leurs droits.
En Irlande, la ministre s’est notamment rendue à Dublin après le décès d’un ressortissant congolais à la suite d’une intervention des services de sécurité dans un magasin. Elle a échangé avec les autorités irlandaises et une assistance a été apportée à la famille, a-t-elle informé.
Quant à la situation en Afrique du Sud, le ministère a aussi accompagné certains Congolais qui souhaitaient rentrer au pays. Une première évaluation a été menée pour déterminer le nombre de compatriotes désireux de revenir au pays.
Candidature de Juliana Lumumba à l’OIF
L’OIF, a-t-elle expliqué, constitue une plateforme multilatérale permettant de promouvoir un multilatéralisme dynamique et pluriel. La RDC, compte tenu notamment de son poids démographique, y occupe une place importante. Cette organisation offre également des possibilités de renforcer la diplomatie culturelle, scientifique et économique, ainsi que les échanges à travers le sport et les loisirs. Les Jeux de la Francophonie organisés à Kinshasa sont cités comme exemple.
Toujours au sujet de l’OIF, la candidature de Juliana Lumumba au secrétariat général de l’OIF a été abordée. « Cette candidature n’est pas une simple option, mais un choix au sommet de la République, porté par le président de la République et soutenu par le Gouvernement. Juliana Lumumba est présentée comme une candidate compétente, à la hauteur des défis de l’Organisation. La campagne est menée avec détermination et se poursuit jusqu’au dernier moment, sans spéculer sur l’issue du scrutin », rassure la cheffe de la diplomatie congolaise.