Ebola : un médicament contre le virus Bundibugyo en cours de développement aux USA

Lors du briefing presse du mardi 26 mai 2026, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba a annoncé que les États-Unis ont développé un anticorps monoclonal testé contre trois souches d’Ebola : Zaïre, Soudan et Bundibugyo.

La RDC a officiellement demandé l’accès à cette molécule expérimentale afin de lancer un essai clinique pour les patients confirmés.

« Je vous informe que les Américains ont développé un traitement, ou un anticorps monoclonal, qui agit sur les trois types d’Ebola (Zaïre, Soudan et Bundibugyo). Nous avons demandé aux États-Unis de nous mettre cette molécule à disposition afin de pouvoir traiter les malades, puisqu’ils en disposent. Nous avons introduit une demande officielle… », a révélé le ministre de la Santé publique de la République Démocratique du Congo.

Une fois disponible, précise-t-il, la RDC procédera d’abord à un essai clinique et non à un traitement direct des malades, bien que cette molécule ait déjà été testée et ait franchi toutes les étapes d’évaluation. Il affirme, par ailleurs, avoir également demandé des médicaments contre le virus de manière générale.

En attendant l’arrivée de tous ces médicaments, le ministre Roger Kamba renseigne que la prise en charge de la maladie se fait de manière symptomatique. « …C’est-à-dire que les malades présentant, par exemple, des signes de déshydratation sont réhydratés… Ceux souffrant d’anémie sont transfusés, etc. Il existe donc des traitements administrés aux patients, mais ils ne sont pas spécifiques contre le virus. C’est ce traitement que nous administrons dans le cadre des piliers de la prise en charge », a-t-il expliqué.

Revenant sur la prise en charge de la maladie, le numéro un de la Santé publique en RDC affirme également avoir misé sur la sensibilisation communautaire comme moyen de prévention afin de mobiliser la population, notamment sur les mesures à respecter pour éviter la contamination. « …Il faut, par exemple, éviter les enterrements non sécurisés parce que le défunt peut encore transmettre la contamination étant donné que des sécrétions restent présentes dans le corps. Il faut aussi bien se laver les mains et éviter les contacts avec les personnes malades… », a insisté le ministre.

Toujours dans le cadre de la prise en charge, il a rassuré que les équipes sur le terrain continuent à rechercher les cas contacts afin de les diagnostiquer, de les isoler et de leur faire passer des tests pour s’assurer qu’ils n’ont pas contracté la maladie.

Le gouvernement débloque 20 millions USD pour la lutte contre l’épidémie

Le ministre Roger Kamba a également annoncé lors de ce briefing que le gouvernement congolais a débloqué la somme de 20 millions de dollars américains pour faire face à l’épidémie d’Ebola qui frappe la partie Est du pays.

Il a présenté cette contribution comme un signal fort, tranchant avec la réponse jugée insuffisante lors des épidémies précédentes, et représentant une part significative du plan continental de riposte, estimé à 319 millions de dollars.

Néanmoins, le tableau épidémiologique reste préoccupant : plus de 200 décès suspects, plus de 1 000 cas suspects, près de 1 600 contacts suivis et au moins 145 personnes hospitalisées en isolement, dans onze zones de santé réparties entre les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Selon Samuel Roger Kamba, la RDC, première victime de l’épidémie, paie le tribut le plus lourd, illustré notamment par le décès de plusieurs prestataires de santé. À cette occasion, Kinshasa a appelé ses partenaires à hausser le niveau de leur engagement dans la lutte contre cette épidémie.

Par ailleurs, l’Union européenne a annoncé une enveloppe de 15 millions d’euros pour soutenir la riposte contre Ebola en RDC et en Ouganda.

P.D

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